Le Nord, Rouyn-Noranda/Sudbury, m’a appris la rudesse et la solidarité. Là-bas, on comprend vite que la vie se tient ensemble, que les liens comptent quand les conditions sont exigeantes. C’est dans ce territoire que s’enracine mon attention au collectif, au soutien discret, à ce qui permet de tenir quand tout n’est pas facile.
Le Sud, à Toronto, m’a confronté à la vitesse, aux institutions, à la logique de la performance. J’y ai appris le langage des organisations, du leadership formel et de la gestion. Mais j’y ai aussi perçu les limites d’un monde où l’efficacité peut parfois prendre le pas sur la présence humaine.
L’Ouest, à Calgary, a été un espace d’expansion. Huit années pour respirer autrement, travailler à grande échelle, voyager et intervenir à l’international. J’y ai approfondi ma compréhension des systèmes, du pouvoir d’agir et de la transformation organisationnelle. Et, en parallèle, j’y ai découvert le coût humain de certaines formes de leadership lorsque le cœur et le corps ne suivent plus.
L’Est, à Ottawa/Gatineau, m’a ramené vers l’essentiel. Vers le communautaire. Vers l’écoute. Vers l’accompagnement des personnes proches aidantes. C’est ici que les apprentissages du Nord, du Sud et de l’Ouest se sont lentement recomposés. Ce que j’avais appris dans les institutions et sur les routes s’est mis au service du lien, de la présence et de la soutenabilité humaine.
De Nord en Sud, d’Ouest en Est, j’ai traversé des mondes. Aujourd’hui, ce chemin me permet d’habiter une posture d’accompagnement qui tient ensemble l’expérience, le discernement, la résonance et l’ancrage. Ce parcours n’était pas une ligne droite. Il était une préparation.
Et c’est de là que je parle maintenant.




