dimanche 12 juillet 2026

Quand les indicateurs prennent la place de la mission

 

Les indicateurs de performance sont des outils précieux. Ils nous aident à mesurer les progrès, à rendre compte de nos actions et à améliorer nos pratiques. Le problème apparaît lorsqu'ils cessent d'être des instruments au service de notre mission pour devenir la mission elle-même. Une université qui ne valorise plus que le nombre de publications, un organisme communautaire qui se définit uniquement par le nombre de personnes rejointes ou un hôpital qui privilégie les statistiques au détriment de la relation risquent tous de perdre de vue leur raison d'être. Ce qui est facile à mesurer n'est pas toujours ce qui a le plus de valeur.

Les grandes missions humaines reposent souvent sur des réalités difficiles à quantifier : la confiance, l'écoute, l'espérance, l'apprentissage, la dignité ou le sentiment d'appartenance. Les indicateurs devraient éclairer ces réalités, non les remplacer. Lorsqu'une organisation inverse cet ordre, elle risque de confondre les moyens avec la finalité. Les chiffres deviennent alors le but à atteindre plutôt qu'un repère pour mieux servir les personnes. Une organisation robuste est celle qui sait utiliser les indicateurs avec discernement, sans jamais oublier que sa véritable réussite se mesure d'abord dans la qualité des vies qu'elle contribue à transformer.

samedi 11 juillet 2026

Au cœur des conversations qui transforment


 Chaque conversation authentique élargit notre compréhension du monde. La recherche ne consiste pas seulement à produire des connaissances, mais à créer des espaces où les êtres humains peuvent mieux s'épanouir ensemble. 

Marquis

vendredi 10 juillet 2026

Apprendre à penser par moi-même : l'histoire d'une vie


On croit souvent qu'apprendre à penser par soi-même consiste à accumuler des connaissances ou à développer un esprit critique. Pourtant, ce chemin est beaucoup plus exigeant. Il demande de reconnaître les idées que nous avons héritées de notre famille, de notre culture, de nos institutions et de notre époque, avant de discerner celles qui expriment véritablement ce que nous avons des raisons de croire, de défendre et de vivre. Penser par soi-même ne signifie pas penser seul. Cela signifie apprendre à dialoguer avec les grandes voix qui nous ont précédés sans leur abandonner notre liberté intérieure.

Ce processus ne se termine jamais. Chaque rencontre, chaque livre, chaque épreuve et chaque conversation peut transformer notre manière de voir le monde. Avec le temps, il ne s'agit plus seulement d'avoir des opinions, mais de laisser émerger une pensée qui nous ressemble parce qu'elle a été éprouvée par l'expérience, la réflexion et l'écoute. Peut-être que la véritable éducation ne consiste pas à apprendre quoi penser, mais à devenir une personne capable de discerner, avec humilité et courage, ce qui mérite d'être pensé.

jeudi 9 juillet 2026

Lorsque la recherche devient un acte de résonance


Aujourd'hui débute ma participation au colloque international de l'European Group for Organizational Studies (EGOS). Samedi, j'aurai le privilège de présenter nos travaux dans le cadre du sous-thème « Agency in Organization: The Human, More-than- and Other-than-Human », une conversation internationale qui explore les nouvelles façons de comprendre l'action humaine au sein des organisations. Notre recherche s'interroge sur une question qui me semble fondamentale : comment les professeures et professeurs peuvent-ils exercer leur pouvoir d'agir dans des institutions de plus en plus traversées par les impératifs de performance, tout en demeurant fidèles à ce qui donne sens à leur engagement? Notre étude suggère que l'épanouissement ne relève pas seulement de la motivation individuelle, mais d'une rencontre entre une identité professionnelle authentique, des relations empreintes de résonance et une culture institutionnelle qui permet réellement aux personnes de grandir. 

Chaque colloque représente une occasion de partager des résultats, mais aussi d'élargir notre propre compréhension du monde. Les idées les plus fécondes naissent rarement dans l'isolement; elles prennent forme dans le dialogue, lorsque des perspectives différentes se rencontrent avec curiosité et respect. C'est dans cet esprit que j'aborde cette rencontre internationale. Au-delà de la communication scientifique, j'espère contribuer à une conversation plus vaste sur la manière dont nos organisations, universités, communautés et institutions, peuvent devenir des lieux où les personnes ne sont pas seulement performantes, mais pleinement vivantes, capables de contribuer au bien commun et de s'épanouir ensemble.

mercredi 8 juillet 2026

Du bénévolat au mentorat communautaire : révéler les capacités qui habitent une communauté


Le bénévolat demeure l'une des plus belles expressions de la solidarité. Il répond à des besoins concrets, crée des liens et contribue à la vitalité de nos communautés. Pourtant, dans une société où les parcours de vie sont de plus en plus diversifiés, il est peut-être temps d'élargir notre regard. Le mentorat communautaire ne remplace pas le bénévolat; il lui donne une profondeur nouvelle. Il ne s'agit plus seulement de donner de son temps, mais de mettre son expérience, son écoute et son histoire au service de la croissance d'autres personnes. Chaque aîné, chaque proche aidant, chaque citoyen possède un savoir de vie qui peut devenir une ressource précieuse pour la communauté lorsqu'il est reconnu, accompagné et partagé.

Le mentorat communautaire transforme ainsi notre manière de concevoir l'engagement. Il ne cherche pas d'abord à pourvoir des postes bénévoles, mais à révéler les capacités qui existent déjà dans une communauté. Il favorise des relations durables, où chacun apprend autant qu'il contribue. Dans cette perspective, une communauté robuste n'est pas celle qui dispose du plus grand nombre de bénévoles, mais celle qui crée les conditions pour que les personnes découvrent leur capacité de devenir, à leur manière, des accompagnants, des passeurs d'expérience et des tisseurs de liens. Le mentorat communautaire ne forme pas des experts; il révèle des personnes capables d'être présentes à d'autres avec générosité, discernement et humanité. C'est peut-être là que réside le véritable avenir du bénévolat : dans une culture où chaque expérience de vie peut devenir une source d'accompagnement et de croissance collective.