dimanche 20 septembre 2026

Le leadership à l’écoute des saisons


Marcher dans la nature au moment où l’été commence à céder sa place à l’automne rappelle que le changement n’a pas toujours besoin d’être provoqué. Certaines feuilles rougissent pendant que d’autres demeurent encore profondément vertes; les fleurs tardives côtoient déjà les semences. Le leadership contemplatif commence peut-être par cette capacité à voir ce qui est en train de devenir, avant de décider ce qu’il faudrait faire. Comme dans la marche, il s’agit parfois de ralentir suffisamment pour remarquer les signes discrets d’une transition déjà à l’œuvre.

Le changement de saison enseigne aussi une forme de leadership moins attachée à la maîtrise. L’arbre ne retient pas ses feuilles pour préserver ce qui était, pas plus qu’il ne précipite l’automne pour atteindre ce qui vient. Il participe au mouvement. Le leader contemplatif apprend lui aussi à discerner ce qui demande à être préservé, ce qui peut être laissé aller et ce qui cherche doucement à émerger. Diriger devient alors moins une manière d’imposer une direction qu’une qualité de présence au mouvement du vivant.

jeudi 17 septembre 2026

Entre deux saisons


Il y a des jours où l’été n’est pas encore tout à fait parti et où l’automne est pourtant déjà là. Les fruits sont encore abondants, le ciel garde quelque chose de la lumière estivale, mais quelques feuilles jaunissent et annoncent discrètement le changement. La nature ne semble pas pressée de choisir entre les deux saisons. Elle nous rappelle que les transitions ne sont pas toujours des frontières nettes : elles sont souvent des temps de coexistence, où ce qui s’achève demeure encore un peu pendant que ce qui vient commence déjà à apparaître.

Peut-être en est-il ainsi de nos propres passages. Nous voudrions parfois savoir exactement quand une étape est terminée et quand la suivante commence. Pourtant, grandir, vieillir, quitter, recommencer ou faire son deuil nous place souvent dans cet entre-deux où l’ancien et le nouveau partagent momentanément le même espace. Il ne s’agit alors ni de retenir l’été ni de précipiter l’automne, mais d’être suffisamment présent pour reconnaître ce qui mûrit, ce qui tombe et ce qui, silencieusement, se prépare à devenir autrement.

mercredi 16 septembre 2026

La paix comme troisième voie

 

Nous pouvons beaucoup penser la paix. Nous pouvons lire sur la non-violence, apprendre à mieux communiquer, parler d’écoute, de dialogue et de réconciliation. Tout cela est précieux, mais quelque chose se joue lorsque la paix quitte le domaine des idées pour entrer dans une relation réelle, surtout lorsque celle-ci devient difficile. Être artisan de paix ne signifie pas éviter le conflit, céder pour préserver l’harmonie ou chercher à convaincre l’autre. C’est apprendre à entrer dans le désaccord autrement : dire ce qui doit être dit sans humilier, poser une limite sans écraser, écouter sans disparaître, résister sans reproduire la violence que l’on cherche précisément à interrompre.

La paix devient alors moins une position que nous défendons qu’une manière d’habiter la relation. Elle demande parfois de parler et parfois de se taire, parfois de rester et parfois de prendre distance. Elle exige surtout du discernement : quel geste, ici et maintenant, pourrait empêcher que le conflit nous enferme dans l’alternative entre soumission et domination? La troisième voie n’est donc pas nécessairement un compromis entre deux extrêmes. Elle peut être l’apparition d’une possibilité qui n’existait pas encore, rendue possible parce qu’une personne accepte de ne pas traiter l’autre comme un ennemi, sans pour autant renoncer à sa propre dignité.

mardi 15 septembre 2026

Devenir mentor communautaire : apprendre à marcher aux côtés de l’autre

 

Aujourd’hui, à la Réserve écologique de la Forêt-la-Blanche, des personnes provenant de cinq organismes communautaires se réuniront pour approfondir ce que signifie devenir mentor communautaire. Dans ce milieu naturel propice au ralentissement et à l’écoute, la formation les invitera à explorer leur raison d’être, leur posture et leur manière d’entrer en relation. Être mentor ne consiste pas d’abord à transmettre des réponses, mais à offrir une présence attentive qui reconnaît la dignité, les capacités et le chemin singulier de chaque personne.

Tout au long de la journée, nous expérimenterons l’écoute, la réflexion, la marche et la conversation comme autant de façons d’apprendre à accompagner sans remplacer. Le mentorat communautaire prendra alors la forme d’un chemin construit ensemble : un parcours où les rôles et les limites sont clarifiés, où la confiance peut grandir à son rythme et où de nouvelles possibilités peuvent émerger. La rencontre de ces cinq organismes nous rappellera que l’accompagnement ne repose jamais sur une personne seule; il s’enracine dans une communauté capable de soutenir celles et ceux qui choisissent d’être présents aux moments qui comptent.

lundi 14 septembre 2026

Quand l’université apprend à écouter la longévité

 

Aujourd’hui se tient à l’Université d’Ottawa notre troisième journée de co-création autour de la longévité, des transitions de vie et du rôle que peuvent jouer les universités. Après une première journée d’écoute en juin et une rencontre de mise en résonance avec des chercheuses et chercheurs en août, nous revenons vers la communauté pour élargir la conversation. Nous voulons mieux comprendre ce que signifie continuer à apprendre tout au long de la vie, développer et maintenir des connexions significatives, vivre des relations entre les générations et continuer à contribuer lorsque les transitions deviennent des moments de redéfinition. Il ne s’agit pas encore de construire un programme, mais de créer les conditions pour que quelque chose puisse émerger à la rencontre des savoirs issus de la recherche, de l’expérience vécue et des communautés.