vendredi 4 septembre 2026

Le mentorat communautaire : trouver des personnes avec qui cheminer

 

Aujourd’hui, 4 septembre, quelque chose commence. Douze personnes provenant de cinq organismes communautaires de la région se retrouveront sur Zoom pour une première formation en français sur le mentorat communautaire, tel qu’il est développé au Centre de ressources Connexions. Ensemble, nous explorerons une question toute simple, mais exigeante : comment accompagner une personne sans prendre sa place? Le mentorat communautaire nous invite à déplacer notre regard. La personne qui accompagne n’est pas celle qui connaît le chemin, qui possède les bonnes réponses ou qui décide de la destination. Elle devient plutôt une compagne ou un compagnon de cheminement : une présence qui écoute, questionne, encourage et marche aux côtés de l’autre pendant que cette personne découvre son propre chemin. Présence, écoute, curiosité, réciprocité et pouvoir d’agir seront ainsi au cœur de notre exploration.

Cette première rencontre est rendue possible grâce au financement de Santé Québec Outaouais, au programme d’accompagnement du Centre de ressources Connexions et à mes travaux de recherche doctorale sur l’accompagnement communautaire. Elle prend ainsi forme au croisement de l’expérience vécue, de la pratique communautaire et de la recherche. Surtout, elle se construira avec les personnes qui y participeront. Douze personnes, cinq organismes : autant d’expériences, de savoirs et de regards qui commenceront aujourd’hui à se rencontrer et à tisser une communauté autour de l’accompagnement. J’ai également le grand plaisir de coanimer cette démarche avec ma collègue Céline Côté, dont l’expérience et la présence enrichiront notre cheminement collectif. Merci à Céline, aux organismes partenaires et à toutes les personnes qui ont accepté l’invitation. Votre présence contribue déjà à créer un espace riche, vivant et porteur.

jeudi 3 septembre 2026

Quand le réel ne suit pas nos plans

 

Nous parlons souvent de « l’imprévu » comme de quelque chose qui viendrait soudainement perturber le cours normal des choses. Mais si l’imprévu révélait plutôt notre difficulté à accueillir ce qui advient autrement qu’à partir de ce que nous avions prévu? Lorsque notre volonté occupe tout l’espace, le réel finit par être évalué selon deux catégories : ce que je voulais et ce que je ne voulais pas; ce que j’avais prévu et ce qui déjoue mes plans. Pourtant, la vie ne se présente pas à nous comme un programme à exécuter. Elle advient, avec ses mouvements, ses détours, ses rencontres et ses ruptures. Peut-être avons-nous moins besoin d’apprendre à maîtriser l’imprévu que de développer notre capacité à demeurer présents à ce qui émerge.

Cela m’amène à revenir à une question qui accompagne de plus en plus ma réflexion : « Qu’est-ce qui se passe ici, et qu’est-ce qui demande mon attention? » Commencer par l’attention plutôt que par la volonté ne signifie pas renoncer à nos intentions, à nos projets ou à notre capacité d’agir. Il s’agit plutôt de permettre au réel de nous parler avant de décider ce que nous voulons en faire. C’est peut-être là que commence le discernement : dans cet espace entre ce qui advient et notre réponse. Le lâcher-prise ne serait alors ni résignation ni passivité, mais une autre manière d’entrer en relation avec la vie, en cessant d’exiger qu’elle corresponde toujours à ce que nous avions imaginé.

mercredi 2 septembre 2026

Premier coucher de soleil de septembre


Le premier coucher de soleil de septembre annonce doucement un passage. L’été n’a pas encore tout à fait quitté le paysage, mais déjà la lumière change, les jours raccourcissent et la nature nous rappelle que toute saison porte en elle un mouvement de transformation. Peut-être est-ce aussi cela, s’épanouir : accueillir ce qui demeure tout en consentant à ce qui commence à changer.

mardi 1 septembre 2026

Le deuil, ou apprendre à porter autrement les personnes qui demeurent en nous

 

« Le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants », écrivait Jean Cocteau. Cette phrase nous invite à regarder le deuil autrement. Perdre une personne ne signifie pas nécessairement devoir s’en détacher ou « tourner la page ». La relation se transforme. Elle peut continuer à vivre dans nos souvenirs, nos gestes, nos valeurs, nos récits et parfois dans notre manière même d’habiter le monde. Accompagner une personne dans son deuil, ce serait alors moins l’aider à laisser derrière elle ce qui a été perdu que lui offrir un espace où cette relation peut progressivement trouver une nouvelle place dans sa vie.

C’est dans cet esprit que nous amorçons à Connexions une réflexion sur une approche communautaire du deuil. Et si le deuil n’avait pas toujours besoin d’être pris en charge, mais d’abord d’être accueilli? Autour d’une personne endeuillée se trouvent des proches, des ami.es, des voisin.es, des pairs, des groupes et des organismes qui peuvent apprendre à être présents, à écouter et à marcher à ses côtés. Une communauté capable d’accueillir le deuil ne cherche pas à faire disparaître la peine. Elle crée des espaces où personne n’est obligé de la porter seul et où les liens avec les personnes qui nous ont quitté·es peuvent continuer à nourrir la vie.

dimanche 30 août 2026

Agir sans tout maîtriser


Nous avons souvent appris que pour avancer, il fallait savoir où nous allons, décider, planifier et garder la maîtrise de la situation. Pourtant, une part essentielle de la vie échappe à nos prévisions. Une rencontre inattendue, une parole qui nous déplace, une intuition qui surgit, un événement qui bouleverse nos plans peuvent ouvrir des chemins que nous n’aurions jamais imaginés. La sagesse ne consiste alors ni à renoncer à agir ni à vouloir tout contrôler. Elle nous invite à nous engager pleinement, à faire des choix et à donner une trajectoire à notre vie, tout en reconnaissant que le réel demeure plus vaste que ce que nous pouvons prévoir.

Cette posture demande une forme particulière de présence : avancer tout en restant disponible. Il s’agit d’écouter suffisamment pour que nos croyances, nos intentions et nos habitudes ne déterminent pas à elles seules ce que nous sommes capables de voir. C’est peut-être là que se rencontrent créativité et lâcher-prise : nous faisons notre part, puis nous laissons de l’espace à ce qui peut émerger de la relation avec les autres, avec les circonstances et avec nous-mêmes. Certaines des transformations les plus fécondes commencent précisément ainsi : lorsque nous cessons de demander au réel de correspondre entièrement à nos plans et devenons capables d’être surpris par ce qu’il nous offre.