dimanche 8 mars 2026

La posture d’accompagnement : une manière d’entrer dans la relation


Quand on parle d’accompagnement, on pense souvent à des conseils, des méthodes ou des solutions. Pourtant, l’essentiel se situe ailleurs. La posture d’accompagnement concerne d’abord la manière dont une personne entre en relation avec une autre. Accompagner, c’est apprendre à être présent à l’autre sans prendre toute la place. C’est écouter avec attention, reconnaître la liberté de la personne et lui permettre d’avancer à son propre rythme. La qualité de la relation devient alors plus importante que les techniques utilisées.

Mais cette relation ne se déroule jamais dans le vide. Elle s’inscrit toujours dans un contexte plus large, une famille, une communauté, une organisation ou un milieu de vie. Accompagner demande donc de comprendre les liens qui entourent la personne. En même temps, l’accompagnant doit aussi cultiver une certaine intériorité. Prendre le temps d’écouter ce qui se passe en soi aide à agir avec plus de justesse. Lorsque ces trois dimensions se rencontrent, la relation à l’autre, l’attention au contexte communautaire et une présence intérieure, l’accompagnement devient un espace vivant où les personnes peuvent réfléchir, se transformer et retrouver leur propre capacité d’agir.

samedi 7 mars 2026

Retrouver le chemin de l’intériorité


Il m’arrive souvent d’observer chez plusieurs étudiants une grande intelligence, une grande sensibilité et beaucoup de bonne volonté. Pourtant, beaucoup me confient aussi un certain malaise : ils ont appris à réussir, à répondre aux attentes, à avancer rapidement… mais ils ont rarement appris à se rencontrer eux-mêmes. Dans un monde où tout nous pousse à produire, à performer et à rester constamment connectés, il devient difficile de prendre le temps de regarder à l’intérieur de soi. Le silence, la réflexion et l’écoute de son propre cœur deviennent presque des actes de résistance. Et pourtant, sans cette intériorité, il devient difficile de savoir vraiment qui nous sommes et où nous voulons aller.

C’est peut-être pour cette raison que plusieurs étudiants cherchent des lieux où ils peuvent ralentir et réfléchir autrement. Dans mes cours, je vois souvent naître ce désir de comprendre non seulement le monde, mais aussi sa propre manière d’y être présent. Cultiver l’intériorité ne signifie pas se retirer du monde. Au contraire, c’est ce qui nous permet d’y entrer avec plus de justesse, de lucidité et d’humanité. Lorsque nous apprenons à écouter ce qui se passe en nous, nos actions deviennent plus alignées et nos relations plus vraies. L’intériorité n’est pas un luxe : elle est une source de clarté et de sens dans une époque qui en a profondément besoin.

vendredi 6 mars 2026

La justesse, l'art de répondre au moment


Il y a des moments dans la vie où l’on sent qu’un geste ou une parole arrive exactement au bon moment. Ce n’est pas quelque chose de compliqué. Parfois, c’est simplement écouter quelqu’un avec attention, poser une question simple ou rester en silence quand les mots ne sont pas nécessaires. J’aime penser que la justesse est cette capacité d’être présent à ce qui se passe et de répondre avec simplicité. Elle ne vient pas d’une méthode ou d’une règle. Elle naît plutôt de l’attention que l’on porte aux autres, à la situation et aussi à ce que l’on ressent à l’intérieur de soi.

Avec le temps, je découvre que la justesse demande souvent de ralentir. Quand on agit trop vite, on risque de réagir plutôt que de vraiment comprendre ce qui est en train de se vivre. Dans les relations humaines, la justesse peut être une parole qui encourage, un regard qui rassure ou un moment de silence qui laisse l’autre respirer. Elle ressemble à un art de l’ajustement. On apprend peu à peu à sentir ce que la situation demande et à répondre avec respect et simplicité. Ce n’est pas parfait, et cela ne l’est jamais complètement. Mais lorsque la justesse est là, quelque chose devient plus paisible et plus vrai dans la relation.

mardi 3 mars 2026

Accueillir le vide : la fécondité du silence intérieur

 

On ne comble pas le vide.
Le vide est au cœur de notre vie.

Peut-être avons-nous appris à craindre le vide, à le percevoir comme un manque à remplir, une faille à réparer, une absence à effacer. Nous cherchons à le couvrir d’activités, de bruit, de performances, de relations parfois trop pleines pour ne pas sentir ce creux intérieur.

Mais le vide n’est pas forcément une carence.
Il est un espace.

C’est dans le vide que la respiration se déploie.
C’est dans l’espace entre les notes que la musique prend sens.
C’est dans les silences d’une conversation que la vérité peut émerger.

Le vide n’est pas l’ennemi de la vie ; il en est la matrice.

Il est ce lieu intérieur où rien n’est encore fixé, où tout demeure possible.
Un espace d’accueil, de disponibilité, de transformation silencieuse.

Lorsque nous cessons de vouloir le combler à tout prix, il cesse d’être angoissant.
Il devient fécond.

Habiter le vide, ce n’est pas renoncer au monde.
C’est consentir à cette profondeur en nous qui ne se laisse pas saturer.
C’est reconnaître que la plénitude ne vient pas de l’accumulation, mais de l’ouverture.

Le vide au cœur de notre vie n’est pas une absence.
Il est la condition même de la présence.

samedi 28 février 2026

Respirer ensemble : L’hygiène émotionnelle comme discipline du leadership


Lors de cette deuxième fin de semaine en Intelligence émotionnelle à l’USP, nous entrerons dans l’exploration de l’hygiène émotionnelle comme pratique de maturité personnelle et professionnelle. Il ne s’agira pas simplement d’identifier des émotions, mais d’apprendre à reconnaître leur circulation en soi et dans le groupe, à distinguer faits et interprétations, et à comprendre comment les affects non nommés influencent nos décisions, nos relations et notre leadership. Nous examinerons comment la régulation émotionnelle n’est ni suppression ni débordement, mais un travail conscient d’ajustement, au service de la clarté, de la responsabilité et de la qualité du lien. Cette exploration nous invitera à considérer l’intelligence émotionnelle non comme une compétence isolée, mais comme une discipline relationnelle qui protège la dignité, favorise la confiance et soutient une posture de présence lucide dans des contextes complexes.