Dans ce temps-là, on découvre que le manque n’est pas toujours un ennemi. Il peut devenir un guide. En ralentissant, des questions longtemps mises de côté refont surface. En acceptant le silence, une autre parole se laisse entendre. Le Carême nous rappelle que la vie n’est pas seulement faite pour être remplie, mais pour être vécue avec attention. Dans une société qui va vite et qui évite l’inconfort, ce temps propose de s’arrêter ensemble, non pour aller mieux immédiatement, mais pour redevenir plus présents. Comme dans les récits anciens, c’est souvent dans le désert, ce lieu froid et dépouillé, que l’on retrouve le fil de ce qui nous relie aux autres, à la terre et à soi-même.
Accompagner en lien avec la vie. Professeur et chercheur à l’Université Saint-Paul, j’explore l’accompagnement communautaire écosystémique et intégratif autour de la proche aidance, de l’écoute et de la vitalité relationnelle. Ce blogue est un espace de réflexions et d’expériences pour nourrir une manière d’accompagner plus humaine, reliée et incarnée.
mercredi 18 février 2026
Tenir debout dans le dépouillement
mardi 17 février 2026
Écouter pour accompagner autrement
Dans ce premier épisode de la nouvelle saison de USP en conversation, j’ai le plaisir d’échanger avec le recteur Louis Patrick Leroux de l’Université Saint-Paul.
Nous explorons ensemble l’écoute profonde comme posture de présence, de relation et de transformation. Bien au-delà des approches instrumentales, écouter apparaît comme un acte de réception, de vulnérabilité et de courage, au cœur de l’accompagnement humain. La conversation aborde également l’accompagnement des personnes proches aidantes, en soulignant l’importance de créer des espaces relationnels où la parole peut se déposer sans pression et où la dignité est reconnue.
Cette rencontre s’adresse à celles et ceux qui pressentent que, dans un monde saturé de discours, l’écoute demeure un geste fondateur pour soutenir, relier et transformer.
L’épisode est maintenant disponible : lien
Au plaisir de vous y retrouver et de poursuivre la conversation.
lundi 16 février 2026
Le premier cours de psychatlogie de Jules
Ce matin-là, j’ai inscrit Jules à son premier cours de psychatlogie.
Il n’a rien dit. Il s’est simplement assis bien droit devant la télévision, comme s’il savait déjà que quelque chose de sérieux allait se passer.
À l’écran, un grand chat mangeait avec une concentration presque sacrée. Jules observait chaque bouchée, chaque mouvement de moustache, chaque silence entre deux crocs. Je l’ai vu pencher légèrement la tête, signe clair, chez lui, d’une intense activité intellectuelle. C’était le moment exact où la psychatlogie commençait.
Le cours portait sur un thème fondamental : Pourquoi les autres chats mangent-ils toujours quelque chose de plus intéressant que moi?
Jules a pris des notes invisibles. Avec ses yeux. Avec sa queue immobile. Avec cette gravité que seuls les chats savent adopter quand ils étudient l’essentiel.
À la fin, il s’est retourné vers moi, lentement. Son regard disait tout :
« Je comprends maintenant. Ce n’est pas de l’envie. C’est de la projection féline. »
La psychatlogie, ça remue beaucoup.
dimanche 15 février 2026
Après la Saint-Valentin, quand l’amour change de voix
Ce matin, je pense à l’après Saint-Valentin. On parle beaucoup de l’amour avant cette journée, on le célèbre pendant, puis vient souvent un grand silence. Pourtant, célébrer l’amour est important. Les fêtes, les gestes symboliques, les mots échangés donnent une forme visible à ce qui compte vraiment. Elles nous rappellent de nous arrêter, de prendre le temps de dire à l’autre : tu comptes pour moi, notre lien est précieux.
Mais une fois la fête passée, il reste autre chose à accueillir. L’après Saint-Valentin nous ramène à la relation telle qu’elle est, sans décor ni mise en scène. C’est là que l’amour prend une autre voix, plus discrète, plus quotidienne. Moins de gestes attendus, plus de présence. Moins de symboles, plus d’attention réelle. Peut-être que célébrer l’amour ne s’arrête pas le 14 février, mais se prolonge dans ces jours ordinaires où l’on choisit de rester là, même quand il n’y a plus rien à célébrer, seulement un lien à faire vivre.
samedi 14 février 2026
Éduquer pour prendre soin du monde que nous laissons derrière nous
Éduquer pour que l’épanouissement humain soit compatible avec celui du vivant et des générations à venir, c’est faire un choix clair : former des personnes capables de prendre soin du monde qu’elles habitent. Cela signifie apprendre à réfléchir avant d’agir, à mesurer l’impact de ses gestes et à comprendre que nos décisions d’aujourd’hui façonnent la vie de demain. Par exemple, apprendre à travailler en équipe plutôt qu’en compétition, à écouter des points de vue différents, ou à réfléchir aux conséquences environnementales et sociales d’un projet fait partie de cette éducation. Il ne s’agit pas seulement d’accumuler des connaissances, mais de développer un sens des responsabilités, envers les autres, envers la communauté et envers la planète.
C’est dans cet esprit que s’inscrit le travail du Centre sur le vieillissement, la communauté et l’épanouissement humain de l’Université Saint-Paul. Le Centre soutient des projets où les générations se rencontrent, où les personnes aînées, les proches aidants, les étudiant.es et les acteurs communautaires apprennent les uns des autres. Par exemple, des cercles de dialogue intergénérationnels, des projets communautaires en milieu rural ou urbain, ou encore des formations centrées sur l’écoute et la solidarité. Ces expériences montrent concrètement que l’épanouissement humain ne se vit pas seul : il se construit dans les liens, dans le respect du vivant et dans la volonté de laisser derrière soi des communautés plus justes et plus habitables. Éduquer ainsi, c’est s’engager à préparer non seulement un avenir professionnel, mais un avenir humain.




