Nous avons longtemps cru qu’une bonne vie était une vie remplie : remplie d’activités, de projets, de réussites, de relations. Comme si accumuler suffisait à donner du sens. Pourtant, plus nous remplissons, plus quelque chose peut se perdre. Une fatigue apparaît, un sentiment diffus de ne pas être vraiment là. À la suite de Hartmut Rosa, une autre voie s’ouvre : une vie bonne n’est pas une vie pleine, mais une vie qui résonne. C’est-à-dire une vie où quelque chose nous touche, nous appelle, nous met en relation avec le monde de manière vivante. Ce n’est pas une question de quantité, mais de qualité de lien.
La résonance ne se programme pas. Elle se reconnaît. Elle surgit dans un regard, un silence, une parole juste, un moment de présence. Elle demande de ralentir, de consentir à ne pas tout maîtriser. Une vie qui résonne est une vie où l’on accepte d’être affecté, transformé par ce que l’on rencontre. Peut-être que vivre aujourd’hui, ce n’est pas chercher à en faire plus, mais à être davantage en relation avec ce qui est déjà là. Là où il y a résonance, il y a du vivant.




