« Le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants », écrivait Jean Cocteau. Cette phrase nous invite à regarder le deuil autrement. Perdre une personne ne signifie pas nécessairement devoir s’en détacher ou « tourner la page ». La relation se transforme. Elle peut continuer à vivre dans nos souvenirs, nos gestes, nos valeurs, nos récits et parfois dans notre manière même d’habiter le monde. Accompagner une personne dans son deuil, ce serait alors moins l’aider à laisser derrière elle ce qui a été perdu que lui offrir un espace où cette relation peut progressivement trouver une nouvelle place dans sa vie.
C’est dans cet esprit que nous amorçons à Connexions une réflexion sur une approche communautaire du deuil. Et si le deuil n’avait pas toujours besoin d’être pris en charge, mais d’abord d’être accueilli? Autour d’une personne endeuillée se trouvent des proches, des ami.es, des voisin.es, des pairs, des groupes et des organismes qui peuvent apprendre à être présents, à écouter et à marcher à ses côtés. Une communauté capable d’accueillir le deuil ne cherche pas à faire disparaître la peine. Elle crée des espaces où personne n’est obligé de la porter seul et où les liens avec les personnes qui nous ont quitté·es peuvent continuer à nourrir la vie.




