vendredi 25 septembre 2026

L’intelligence émotionnelle : apprendre à entendre ce qui nous traverse

 

Cette fin de semaine marque le début d’un nouveau parcours en Intelligence émotionnelle à l’Université Saint-Paul. Nous parlons souvent de l’intelligence émotionnelle comme de la capacité à reconnaître, comprendre et réguler nos émotions. Mais j’aimerais ouvrir un espace un peu différent avec les personnes étudiantes : et si nos émotions n’étaient pas d’abord quelque chose à gérer, mais quelque chose à écouter? La colère, la peur, la joie, la tristesse ou l’enthousiasme peuvent devenir des formes d’information sur notre relation à nous-mêmes, aux autres et à ce qui nous arrive. Développer son intelligence émotionnelle, ce serait alors apprendre à demeurer suffisamment présent à ce qui nous traverse pour ne pas devoir immédiatement le fuir, le contrôler ou agir sous son impulsion.

C’est aussi une invitation à déplacer doucement la question « Comment puis-je maîtriser mes émotions? » vers « Qu’est-ce que cette émotion cherche à me faire remarquer? » Une émotion ne nous dit pas nécessairement quoi faire et elle n’a pas toujours raison sur la situation, mais elle peut attirer notre attention sur quelque chose qui compte. Au fil de ce cours, j’espère donc que nous pourrons explorer ensemble cet espace entre ressentir et répondre : cet instant parfois très bref où la conscience nous permet de choisir comment entrer en relation avec ce que nous vivons. Peut-être est-ce précisément là que l’intelligence émotionnelle devient profondément humaine.

jeudi 24 septembre 2026

Lâcher prise face aux transitions de la vie


Ce matin, avant ma conférence au MIFO, « Lâcher prise face aux transitions de la vie », je me rappelle qu’il ne s’agit pas tant d’avoir quelque chose à enseigner que de créer un espace où nous pouvons apprendre ensemble à accueillir ce qui change, laisser aller ce qui ne peut demeurer et nous ouvrir à ce qui cherche à devenir.

mercredi 23 septembre 2026

Lâcher prise pour mieux habiter ce qui vient

 

Demain, j’aurai le plaisir d’être au MIFO dans le cadre d’une collaboration avec l’Université Saint-Paul pour une rencontre autour du lâcher-prise. Non pas le lâcher-prise comme renoncement ou résignation, mais comme une manière différente d’habiter les transitions de la vie : reconnaître ce qui change, discerner ce qui peut être laissé derrière soi et demeurer disponible à ce qui cherche encore à émerger. En avançant en âge, peut-être découvrons-nous que grandir ne consiste pas seulement à accumuler des expériences, mais aussi à apprendre doucement à desserrer notre emprise sur certaines identités, attentes et façons de nous définir. Une invitation, finalement, à considérer le vieillissement non comme un rétrécissement du possible, mais comme un passage où quelque chose peut encore se transformer.

mardi 22 septembre 2026

Un lieu où je ne suis pas seulement proche aidant

 

Prendre soin d’une personne que l’on aime peut peu à peu changer toute notre vie. Les rendez-vous, les soins, les imprévus et les inquiétudes prennent du temps et beaucoup d’énergie. Certaines activités sont mises de côté et on voit parfois moins souvent nos amis ou notre famille. Pourtant, être proche aidant ne veut pas dire qu’on se sent forcément seul. On peut même être entouré de plusieurs personnes et ressentir quand même une grande solitude. Ce qui compte, ce n’est donc pas seulement le nombre de personnes autour de nous. C’est aussi la qualité des relations et le sentiment d’être compris, écouté et soutenu.

Une question devient alors importante : « Y a-t-il encore un endroit dans ma vie où je peux simplement être moi-même, et pas seulement la personne qui prend soin de quelqu’un? » Un endroit où je n’ai pas toujours à organiser, prévoir, aider ou rester fort. C’est là que l’accompagnement communautaire peut faire une différence. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter une personne de plus autour du proche aidant. Il s’agit d’offrir une relation où il peut parler de ce qu’il vit, de ce dont il a besoin et de ce qu’il devient. Accompagner, c’est aussi aider la personne proche aidante à garder une place pour sa propre vie.

lundi 21 septembre 2026

Quand les saisons changent, le deuil aussi

 


Aujourd’hui, notre groupe de soutien au deuil se réunit à un moment particulier de l’année : alors que l’été cède doucement sa place à l’automne. La nature nous rappelle que les transitions ne se produisent pas toujours d’un seul coup. Certaines fleurs sont encore présentes tandis que les premières feuilles changent de couleur; la chaleur du jour peut côtoyer la fraîcheur du soir. Il peut en être ainsi du deuil. Plusieurs réalités peuvent coexister : l’absence et la présence intérieure de l’être aimé, la tristesse et un éclat de rire, le désir de retenir et la nécessité de continuer, une journée plus légère suivie d’une autre beaucoup plus difficile. Il n’y a pas de saison prescrite pour le deuil, ni de calendrier indiquant où nous devrions en être.

C’est dans cet esprit que nous nous retrouvons aujourd’hui, non pas pour participer à un atelier où quelque chose doit être appris ou accompli, mais pour former un cercle de soutien. Un espace pour parler si nous le souhaitons, écouter, nous souvenir, parfois rester silencieux et surtout découvrir que ce qui est lourd n’a pas toujours à être porté seul. La question qui nous accompagne est toute simple : qu’est-ce qui change dans ma vie, qu’est-ce qui me manque et qu’est-ce que je continue de porter avec moi alors qu’une nouvelle saison commence? Nous n’avons pas à trouver une réponse définitive. Comme dans la nature, certaines transformations demandent du temps et peuvent longtemps faire coexister ce qui demeure et ce qui devient.