Entrer vraiment dans un Cercle demande un changement intérieur. Il faut accepter de ralentir, d’écouter autrement, de ne pas tout contrôler. Cela demande aussi de faire confiance à ce qui se passe, même si tout n’est pas clair au début. Ce passage ne peut pas être forcé. Il se développe avec le temps, par l’expérience. Le Cercle ne se dirige pas comme un outil. Il devient vivant quand on est pleinement présent, attentif et ouvert. Et ce mouvement commence toujours en nous.
Accompagner en lien avec la vie. Professeur et chercheur à l’Université Saint-Paul, j’explore l’accompagnement communautaire écosystémique et intégratif autour de la proche aidance, de l’écoute et de la vitalité relationnelle. Ce blogue est un espace de réflexions et d’expériences pour nourrir une manière d’accompagner plus humaine, reliée et incarnée.
samedi 4 avril 2026
Quand le Cercle devient une forme vide
vendredi 3 avril 2026
Habiter le cercle, laisser émerger le pardon
Mars 2026, au Château de Césarges, en France.
Un cercle se forme, simple en apparence, mais profondément habité. Ici, il ne s’agit pas seulement d’apprendre à animer, mais d’entrer dans une posture où la présence devient le premier langage.
Au fil des échanges, chacun apprivoise l’écoute, le silence, et cette manière d’être qui ouvre un espace pour que l’autre puisse se dire, se déposer, se transformer.
Car animer un Cercle de Pardon, c’est avant tout incarner une qualité de présence où la rencontre devient possible, et où le pardon peut doucement émerger.
jeudi 2 avril 2026
Cinq illusions qui nous éloignent de la vie
Inspirées notamment des réflexions de Fabrice Midal, ces cinq illusions montrent comment nous pouvons, sans le vouloir, nous couper du vivant. Nous croyons que nous protéger nous rend plus en sécurité, alors que cela nous ferme à l’expérience. Nous pensons que notre passé décide de tout, comme si nous ne pouvions plus changer. Nous croyons que seuls nos efforts comptent, en oubliant l’aide des autres et ce qui nous porte de l’intérieur. Nous pensons devoir être parfaits pour être aimés, alors que l’amour n’est pas une récompense. Enfin, nous voulons tout comprendre avant d’avancer, alors que la vie se découvre en marchant. Apprendre à reconnaître ces illusions, c’est déjà entrer dans un rapport plus libre, plus simple et plus vivant à l’existence.
samedi 21 mars 2026
Quand la peur ferme la porte à la créativité
La peur de l’imperfection ne bloque pas seulement la créativité, elle la transforme en contrôle. Au lieu d’explorer librement, on commence à chercher à bien faire, à éviter l’erreur, à répondre à une image idéale. Peu à peu, l’élan se resserre. Une voix intérieure apparaît, non pas toujours dure, mais trop rapide. Elle juge avant même que quelque chose ait pu prendre forme. Ce qui aurait pu émerger reste alors en suspens, comme interrompu trop tôt.
Créer demande autre chose. Cela demande d’accepter de ne pas savoir exactement où l’on va. Cela demande de tolérer l’inachevé, le flou, le mouvement. Dans les groupes, on le voit clairement. Quand tout doit être juste dès le départ, les idées se font rares. Mais quand l’espace permet d’essayer, de chercher, même maladroitement, quelque chose recommence à circuler. Il ne s’agit pas d’éliminer la peur, mais de ne pas la laisser diriger. À ce moment-là, créer devient un acte de confiance dans le processus lui-même.
vendredi 20 mars 2026
Les trois lignes
Dans le village, on parlait souvent de Sacha. On disait que Sacha savait écouter d’une manière rare. Il n’y avait pas beaucoup de réponses, mais les gens repartaient changés.
Un jour, Alex vint s’asseoir près de Sacha. Alex parlait avec précision, comme pour bien expliquer. Les mots étaient clairs, bien organisés. Pourtant, quelque chose dans le corps ne suivait pas tout à fait.
Sacha ne dit rien au début.
Quand le silence s’installa, Sacha demanda simplement
« Est-ce que ce que tu dis vit aussi dans tes gestes ? »
Alex resta un moment sans répondre.
Sacha prit une petite branche et traça trois lignes dans la terre.
« Ici, ce que tu dis. »
« Ici, ce que tu fais. »
« Ici, ce que tu es. »
Les lignes ne se touchaient pas.
Alex regarda le dessin. Une sensation étrange apparut, difficile à nommer.
Sacha reprit doucement
« Parfois, on apprend à parler avant d’apprendre à sentir. On apprend à agir avant d’apprendre à être. Alors les lignes se séparent. Et on passe du temps à essayer de les faire tenir ensemble. »
Avec la branche, Sacha rapprocha les trois lignes jusqu’à ce qu’elles se rejoignent.
« La confiance commence ici », dit Sacha.
Alex resta silencieux. Les mots ne venaient plus comme avant.
Après un moment, Alex demanda
« Comment on fait pour les rapprocher ? »
Sacha répondit
« On ne les force pas. On apprend à les écouter. »
La branche fut déposée entre eux.
« Quand tu parles, écoute ton corps.
Quand tu agis, regarde ton cœur.
Et quand tu te sens perdu, reviens à ce qui est vrai. Même si c’est petit. »
Les jours suivants, Alex revint. Parfois en parlant, parfois en silence. Peu à peu, quelque chose changeait. Les moments où les lignes s’éloignaient devenaient plus visibles. Et les moments où elles se rapprochaient aussi.
Un matin, Alex dit
« Aujourd’hui, je n’ai rien à expliquer. Mais je sens que ça commence à s’aligner. »
Sacha hocha la tête
« Alors tu deviens un lieu sûr pour toi-même. »
En repartant, quelqu’un demanda à Alex
« Qu’est-ce que tu as appris ? »
Alex répondit après un temps
« À voir quand je ne suis pas entier. Et à ne plus partir tout de suite. »
La personne ne répondit pas.
Mais en marchant, Alex sentait une nouvelle qualité de présence. Ce n’était pas une réponse. C’était une manière d’être.
Et peut-être que la confiance commence ainsi.




