vendredi 19 juin 2026

Cultiver la robustesse ensemble

 

Ce matin, j’animerai un atelier avec l’équipe de la Soupe populaire de Hull. Ensemble, nous prendrons un moment pour ralentir, réfléchir et reconnaître tout ce qui soutient leur engagement auprès des personnes en situation de vulnérabilité. À travers la métaphore de l’Arbre de vie, nous explorerons nos racines, nos forces, nos alliés et les fruits que nous recevons de notre travail. Trop souvent, les personnes qui prennent soin des autres oublient de reconnaître ce qu’elles reçoivent en retour : des liens authentiques, des apprentissages, du sens et l’impression de contribuer à quelque chose de plus grand qu’elles-mêmes. Nous nous inspirerons également des travaux d’Olivier Hamant sur la robustesse. Dans la nature, les forêts les plus robustes ne sont pas celles qui résistent à tout, mais celles qui possèdent suffisamment de diversité, de liens et de ressources pour traverser les tempêtes. Cette idée s’appliquera aussi aux équipes humaines. La robustesse ne dépendra pas seulement des individus, mais également de la qualité des relations, du soutien mutuel et de la capacité à réfléchir ensemble. Dans un monde qui valorise souvent la rapidité et la performance, cet atelier nous invitera à ralentir afin de mieux prendre soin les uns des autres.  

jeudi 18 juin 2026

Et si nous posions de meilleures questions ?


Nous vivons dans un monde qui change rapidement. Chaque jour, nous sommes bombardés d'informations, de nouvelles technologies et de solutions à toutes sortes de problèmes. Devant cette réalité, nous avons souvent le réflexe de chercher des réponses le plus vite possible. Pourtant, lorsqu'une situation est complexe, aller trop vite peut nous faire perdre de vue l'essentiel. Avant de trouver une solution, il faut d'abord s'assurer que nous posons la bonne question.

Les scientifiques, les artistes, les enseignants et les leaders ont tous quelque chose en commun : ils apprennent à observer avant de conclure. Parfois, ralentir nous permet de voir les choses autrement. Une bonne question peut ouvrir de nouvelles possibilités, alors qu'une réponse rapide peut parfois fermer la réflexion trop tôt. Dans un monde où l'incertitude fait partie de notre quotidien, apprendre à poser de meilleures questions est peut-être l'une des compétences les plus importantes que nous puissions développer.

mardi 16 juin 2026

La force de la forêt : hommage à celles et ceux qui donnent sans compter

Donner son temps, son énergie et son sourire pour aider les autres est l'un des plus beaux gestes qu'on puisse poser. Que ce soit dans un organisme communautaire, dans une équipe de bénévoles ou simplement en tendant la main à un proche, chaque petit acte de bonté transforme notre communauté. C'est grâce à cette générosité invisible que notre monde devient plus chaleureux. Mais s'occuper des autres demande beaucoup de force émotionnelle, et il est facile de s'oublier en chemin. Pour continuer à faire une différence, il faut se rappeler que notre propre bien-être est le moteur de notre engagement.

C'est ici que l'image de la nature prend tout son sens pour nous guider. En partageant nos histoires et nos défis, nous réalisons que personne n'est obligé de porter toute la détresse du monde sur ses seules épaules. L'entraide, c'est aussi savoir s'arrêter pour recharger ses propres batteries au sein du groupe.

En prenant soin de nous-mêmes, nous renforçons l'ensemble du réseau qui soutient les personnes plus vulnérables.

lundi 15 juin 2026

Désapprendre pour redevenir vivant


Nous passons une grande partie de notre vie à apprendre : apprendre à réussir, à performer, à répondre aux attentes et à trouver notre place. Pourtant, en avançant, plusieurs découvrent qu’il faut parfois faire le chemin inverse. Désapprendre certaines habitudes, certaines peurs ou certaines croyances devient nécessaire pour retrouver une manière plus libre d’habiter sa vie. Nous avons parfois appris à cacher nos émotions, à toujours être forts ou à croire que notre valeur dépend uniquement de ce que nous accomplissons. Avec le temps, ces mécanismes peuvent nous éloigner de nous-mêmes.

Désapprendre ne veut pas dire effacer son passé. Cela signifie plutôt faire de la place pour quelque chose de plus vrai. C’est apprendre à ralentir, à écouter davantage et à reconnaître ce qui nous fait réellement grandir. Certaines personnes découvrent alors qu’elles n’ont pas besoin d’être parfaites pour être utiles aux autres. Elles ont surtout besoin d’être présentes, humaines et cohérentes. Le désapprentissage devient ainsi une forme de liberté intérieure : celle de ne plus vivre uniquement selon des automatismes, mais selon ce qui a du sens.

vendredi 12 juin 2026

Le héron des rivages intérieurs

 

Il existe des êtres humains qui avancent dans la vie comme le héron au bord de l’eau : lentement, attentivement, sans agitation inutile. Ils observent davantage qu’ils ne cherchent à impressionner. Avec le temps, ils apprennent que la véritable force ne vient pas du bruit ou de la vitesse, mais de la capacité de demeurer présents au monde. Le héron traverse les saisons sans perdre son équilibre. Il habite les zones de passage entre l’eau et la terre, entre le silence et le mouvement. Plus je vieillis, plus cette image résonne en moi. Enseigner, accompagner, écrire ou simplement écouter les autres me semble parfois ressembler à cette posture : rester attentif aux courants invisibles qui traversent les êtres humains et les communautés.

Nous vivons dans une époque où plusieurs personnes se sentent écartelées entre leur monde intérieur et les exigences du monde collectif. On nous demande souvent d’être performants avant d’être présents, visibles avant d’être enracinés. Pourtant, les transformations les plus profondes naissent rarement dans l’agitation. Elles émergent dans des espaces plus calmes : une marche, une conversation sincère, un moment de solitude, un regard posé autrement sur la vie. Le héron nous rappelle peut-être cela : il est possible d’habiter le monde sans se perdre soi-même. Peut-être que la maturité humaine ne consiste pas à choisir entre le monde intérieur et le monde collectif, mais à devenir un pont vivant entre les deux.