Les indicateurs de performance sont des outils précieux. Ils nous aident à mesurer les progrès, à rendre compte de nos actions et à améliorer nos pratiques. Le problème apparaît lorsqu'ils cessent d'être des instruments au service de notre mission pour devenir la mission elle-même. Une université qui ne valorise plus que le nombre de publications, un organisme communautaire qui se définit uniquement par le nombre de personnes rejointes ou un hôpital qui privilégie les statistiques au détriment de la relation risquent tous de perdre de vue leur raison d'être. Ce qui est facile à mesurer n'est pas toujours ce qui a le plus de valeur.
Les grandes missions humaines reposent souvent sur des réalités difficiles à quantifier : la confiance, l'écoute, l'espérance, l'apprentissage, la dignité ou le sentiment d'appartenance. Les indicateurs devraient éclairer ces réalités, non les remplacer. Lorsqu'une organisation inverse cet ordre, elle risque de confondre les moyens avec la finalité. Les chiffres deviennent alors le but à atteindre plutôt qu'un repère pour mieux servir les personnes. Une organisation robuste est celle qui sait utiliser les indicateurs avec discernement, sans jamais oublier que sa véritable réussite se mesure d'abord dans la qualité des vies qu'elle contribue à transformer.




