Marcher dans la nature au moment où l’été commence à céder sa place à l’automne rappelle que le changement n’a pas toujours besoin d’être provoqué. Certaines feuilles rougissent pendant que d’autres demeurent encore profondément vertes; les fleurs tardives côtoient déjà les semences. Le leadership contemplatif commence peut-être par cette capacité à voir ce qui est en train de devenir, avant de décider ce qu’il faudrait faire. Comme dans la marche, il s’agit parfois de ralentir suffisamment pour remarquer les signes discrets d’une transition déjà à l’œuvre.
Le changement de saison enseigne aussi une forme de leadership moins attachée à la maîtrise. L’arbre ne retient pas ses feuilles pour préserver ce qui était, pas plus qu’il ne précipite l’automne pour atteindre ce qui vient. Il participe au mouvement. Le leader contemplatif apprend lui aussi à discerner ce qui demande à être préservé, ce qui peut être laissé aller et ce qui cherche doucement à émerger. Diriger devient alors moins une manière d’imposer une direction qu’une qualité de présence au mouvement du vivant.




