Pendant longtemps, j'ai abordé la vocation à travers ce que je pouvais accomplir, les responsabilités que je pouvais assumer et les contributions que je pouvais apporter. Enseigner, accompagner des personnes et des communautés, développer des projets, créer des espaces de rencontre et de réflexion : autant d'engagements qui ont donné une direction et une richesse à mon parcours. Pourtant, au fil des années, quelque chose s'est progressivement déplacé dans ma manière de comprendre ma vocation. Je découvre que les expériences les plus significatives ne sont pas nécessairement celles où j'ai réalisé ce que j'avais prévu, mais celles où j'ai accepté de me laisser surprendre, questionner et parfois transformer par la rencontre. Certaines personnes, certaines traditions de sagesse et certaines expériences continuent de m'accompagner dans ce cheminement. Elles m'invitent à reconnaître que ma vocation ne se résume peut-être pas à ce que je fais, mais qu'elle prend forme dans la qualité de présence que j'apporte à ce que je vis.
Aujourd'hui, alors que je réfléchis aux transitions qui se dessinent dans ma vie, cette intuition prend une résonance particulière. Je demeure engagé dans plusieurs projets qui me tiennent à cœur, mais je m'interroge de plus en plus sur la manière de les habiter. Suis-je appelé à continuer de multiplier les initiatives, ou à approfondir la qualité des relations à partir desquelles elles prennent vie ? Je découvre que l'accompagnement ne consiste pas toujours à proposer une direction, à trouver une réponse ou à produire un résultat. Il demande parfois simplement d'être là, d'écouter, d'accueillir ce qui émerge et de faire confiance à ce qui peut naître de la rencontre. Comme cette jeune pousse que des mains ouvertes protègent sans chercher à la faire grandir plus vite, la vocation demande peut-être moins de maîtrise et davantage d'attention. Je ne renonce ni à l'action ni à mes engagements. J'apprends plutôt à reconnaître que ce que je suis appelé à faire peut émerger de la manière dont je choisis d'être présent. Et si, à cette étape de ma vie, ma vocation consistait moins à chercher une nouvelle voie qu'à approfondir ma manière de marcher ?




