jeudi 1 janvier 2026

Marcher avec le lien, le sens et la joie

 

En ce premier janvier 2026, le monde ne s’est pas arrêté pour moi. La neige est tombée comme d’habitude, le jour s’est levé tranquillement, et pourtant quelque chose est neuf. J’ai l’impression d’entrer dans l’année avec trois compagnons discrets : le lien, le sens et la joie.

Le lien, c’est le fil invisible qui me relie aux autres. Je le sens quand une parole apaise, quand un silence respecte, quand une présence suffit. Le sens, lui, n’est pas un plan bien organisé. Il ressemble plutôt à une trace dans la neige : on la suit pas à pas, sans toujours savoir où elle mène, mais en sentant qu’elle va quelque part de juste. Et la joie n’est pas une explosion. C’est une petite chaleur intérieure, celle qui me dit que je suis encore vivant dans ce que je fais.

Pour 2026, je ne cherche pas à courir plus vite ni à faire mieux que les autres. Je choisis d’avancer attentivement, en prenant soin du lien, en laissant le sens se révéler, et en reconnaissant la joie quand elle se présente. C’est ma façon simple d’entrer dans l’année.

mercredi 31 décembre 2025

Merci, 2025.

Merci pour les chemins parcourus sans hâte, pour les rivières longées plutôt que traversées à la force des bras, pour les silences qui ont enseigné plus que les mots.

Merci pour l’apprentissage du pas juste, celui qui n’épuise pas, celui qui laisse le paysage venir à soi, comme un sens qui attend qu’on ralentisse pour se montrer.

Merci pour les feux entretenus avec patience, pour les embarcations laissées au rivage quand il fallait d’abord écouter le courant, pour la confiance retrouvée dans la sagesse du vivant.

Tu m’as appris que marcher lentement n’est pas reculer, mais consentir. Consentir à la durée, à la maturité, à ce qui se transmet sans bruit.

Je te remercie pour ce visage apaisé que tu laisses en héritage,
et pour la certitude tranquille que le chemin continue,
autrement.

Marquis

Quand la résilience de résonne plus : inspiration pour un cours cet hiver

 

Le mot résilience est partout.

Et pourtant, sur le terrain communautaire et institutionnel, il arrive qu’il ne résonne plus. Trop souvent, il a été associé à l’idée de tenir malgré l’épuisement, de s’adapter sans transformation réelle des conditions, de porter individuellement ce qui devrait être assumé collectivement.

C’est à partir de cette observation que j’enseigne le cours HUM3512 Pratique communautaire et résilience.

Un cours qui ne demande pas d’être plus résilient. Un cours qui invite plutôt à discerner. À comprendre quand la résilience soutient la dignité et le lien et quand elle devient une injonction silencieuse. Nous y explorons les pratiques communautaires à partir du réel, les relations entre l’intime, le communautaire et l’institutionnel et les limites nécessaires pour que l’engagement demeure humain et soutenable. La résilience y est abordée non comme un mot d’ordre, mais comme une question éthique, relationnelle et collective.

Le cours est offert en ligne, les vendredis de 13 h 30 à 16 h 30,
au trimestre d’hiver.

Si cette approche vous rejoint, je vous invite à vous joindre au cours.

mardi 30 décembre 2025

Mon odyssée 2025 : apprendre à rester en chemin

 

En 2025, j’ai compris que mon odyssée n’était pas un voyage vers une arrivée, mais un apprentissage à rester en chemin, comme lorsqu’on marche en forêt sans chercher la sortie tout de suite, en apprenant à lire les sentiers, à écouter le vent et à respecter le rythme de ses pas. Cette année, j’ai souvent eu envie d’aller plus vite, de donner une réponse, de régler une situation, de fermer une question. Pourtant, chaque fois que je me pressais, quelque chose se refermait. À l’inverse, quand je prenais le temps d’écouter, un étudiant hésitant, un groupe en tension ou un organisme fatigué, quelque chose s’ouvrait. Rester en chemin, c’est accepter de ne pas toujours savoir, comme lorsqu’on accompagne quelqu’un qui traverse une épreuve et qu’on choisit de marcher à ses côtés plutôt que de lui dire quoi faire. J’ai appris que la résilience ne ressemble pas à un héros qui se relève seul, mais à des personnes qui avancent ensemble, parfois lentement, parfois en silence. En 2025, j’ai cessé de croire qu’enseigner ou accompagner, c’était conduire les autres à destination. J’ai compris que c’était plutôt leur rappeler, et me rappeler, qu’ils ont le droit de marcher encore, même quand le chemin n’est pas clair.

lundi 29 décembre 2025

NI dans une case, ni à l'écart

 

Avec les années, j’ai compris que je ne suis pas quelqu’un qui entre facilement dans une seule case. J’ai beaucoup bougé, changé de milieux, rencontré des gens très différents. Chaque fois, ça m’a obligé à m’adapter, à écouter, à me remettre en question. Je n’ai jamais eu l’impression d’être arrivé une fois pour toutes. J’ai plutôt appris en marchant.

J’ai traversé des périodes où je ne savais plus très bien comment me définir. J’ai dû laisser tomber certaines idées que j’avais sur moi-même pour en découvrir d’autres, plus justes. Ce n’était pas toujours confortable, mais ça m’a appris à être plus patient, avec moi comme avec les autres. J’ai compris que se construire, ce n’est pas défendre une image, c’est accepter de changer.

Avec le temps, j’ai aussi fait une différence importante entre appartenir et être en lien. Appartenir, c’est important, ça donne des racines. Mais être en lien, pour moi, c’est encore plus essentiel. C’est rester ouvert, capable de parler avec des personnes différentes, sans se sentir menacé. Je crois qu’on peut choisir un endroit où vivre, une communauté, sans se fermer aux autres.

Ça explique aussi pourquoi, en politique, je ne me reconnais ni à gauche ni à droite. Je me sens souvent mal à l’aise quand tout devient une chicane de camps. Ce qui m’importe, ce n’est pas d’avoir raison, mais de savoir si les décisions aident vraiment les gens à vivre mieux, à se respecter, à tenir ensemble. Selon les situations, de bonnes idées peuvent venir de différents côtés.

Aujourd’hui, je me vois comme quelqu’un qui essaie surtout de relier plutôt que de diviser. Je continue d’apprendre, d’enseigner, d’accompagner les autres avec cette idée simple : on est tous en chemin, et on a besoin les uns des autres pour avancer.