En cette cinquième année doctorale, je reconnais quelque chose de simple et de profond : ce qui se met en place en moi n’est pas une conclusion, mais une forme intérieure. Une épiphanie discrète, à la fois personnelle et académique, où le sens ne s’impose pas, il se révèle.
Longtemps, mon parcours a été qualifié d’atypique. J’ai porté ce mot comme une étiquette flottante, parfois inconfortable. Aujourd’hui, je comprends qu’il nommait moins un écart qu’une autre manière de cheminer. Une manière d’avancer guidée par des repères plutôt que par des certitudes, par le mouvement plutôt que par la maîtrise.
La constellation m’aide à nommer ce rapport au savoir. J’ai toujours eu accès à un ciel peuplé d’influences : auteurs, rencontres, traditions, expériences, sans jamais ressentir le besoin d’en faire un centre unique. Ces étoiles n’expliquent pas tout, mais elles orientent. Elles apprennent à marcher sans posséder la carte.
Le fleuve me rappelle que je n’ai jamais forcé le cours de ma vie. J’ai appris à suivre le mouvement, à reconnaître les confluents, à consentir aux détours. Avec le temps, je vois que cette fidélité au processus est devenue une posture : en recherche, en accompagnement, en leadership.
La mosaïque, enfin, me réconcilie avec la pluralité que j’habite. Ma vie intime, familiale, professionnelle, communautaire, locale et internationale ne forme pas un puzzle à résoudre, mais un ensemble vivant à honorer. Ma cohérence ne vient pas de l’uniformité, mais de la capacité à tenir ensemble ces fragments sans les réduire.
Si cette année ressemble à une Épiphanie, c’est parce qu’elle ne crée rien de neuf. Elle rend visible ce qui était déjà là. Elle me permet de reconnaître que mon travail doctoral est aussi une mise en forme d’un savoir vécu, longtemps implicite, maintenant partageable.




