dimanche 18 octobre 2026

Mettre de l’ordre dans nos relations

 

Mettre de l’ordre en soi peut aussi signifier regarder avec plus de lucidité les relations qui composent notre vie. Inspirée par Adam Grant, la distinction entre connaissances de contexte, alliés, camarades et compagnons de cheminement nous aide à reconnaître que tous les liens n’ont ni la même fonction ni la même profondeur. Il ne s’agit pas de classer les personnes ou de placer certaines relations au-dessus des autres, mais de discerner ce que chaque lien rend possible, ce que nous y apportons et ce que nous en attendons. Plusieurs déceptions relationnelles naissent peut-être moins d’un manque d’affection que d’un décalage entre la nature réelle d’une relation et les attentes que nous lui confions.

Cette relecture devient particulièrement féconde lorsqu’elle est mise en dialogue avec l’intelligence émotionnelle. Nos relations révèlent notre manière de reconnaître et d’exprimer nos émotions, d’affirmer nos besoins, d’accueillir le vécu des autres, de prendre des décisions et de traverser les tensions. Certaines nous invitent à développer l’empathie; d’autres, l’affirmation de soi, la flexibilité ou le sens de la réalité. Mettre de l’ordre dans son monde relationnel ne signifie donc pas nécessairement s’éloigner des autres. Cela peut vouloir dire ajuster une attente, clarifier une limite, nourrir un lien négligé ou cesser de demander à une seule personne de répondre à tous nos besoins. Nous apprenons alors à habiter nos relations avec davantage de conscience, de liberté et de justesse.

samedi 17 octobre 2026

Bâtir nos paroisses ensemble : une invitation à collaborer autrement

 

Les 23 et 24 octobre prochains, j’aurai le plaisir de retrouver Leah Perrault à Saint-Boniface, au Manitoba, pour les Journées d’études diocésaines 2026, consacrées au leadership paroissial collaboratif.

Comment pouvons-nous créer des communautés paroissiales où chaque personne trouve sa place, où les différences deviennent une richesse et où les responsabilités sont partagées au service d’une mission commune?

Au cours de ces journées, nous explorerons ensemble les dimensions humaines, relationnelles et spirituelles de la collaboration. Nous nous intéresserons particulièrement à la présence, à l’écoute, à la confiance et au discernement, ainsi qu’aux pratiques concrètes qui permettent aux communautés de grandir et d’agir ensemble.

Je suis heureux de contribuer à cette démarche avec Leah et les personnes engagées dans la vie des paroisses de l’Archidiocèse de Saint-Boniface.

Les présentations seront offertes en anglais, avec interprétation simultanée en français. Les échanges en groupe pourront se dérouler dans les deux langues.

vendredi 16 octobre 2026

La confiance ne se réclame pas, elle se cultive

 

Après deux jours et demi de rencontres, de réflexions et d’échanges à l’occasion d’un colloque international sur la confiance et le dialogue, une question continue de m’habiter : une institution cherche-t-elle à rétablir la confiance pour retrouver son pouvoir, ou accepte-t-elle de transformer son rapport au pouvoir pour redevenir digne de confiance? Cette distinction me semble essentielle. La confiance ne se décrète pas et ne se rétablit pas simplement par des paroles, des intentions ou des engagements. Elle se cultive dans la durée, à travers la compétence, la bienveillance et l’intégrité, mais aussi dans la manière dont nous exerçons le pouvoir, assumons nos responsabilités et accueillons la parole de l’autre. Lorsqu’elle est fragilisée, la tentation peut être grande de vouloir retrouver ce qui existait auparavant. Pourtant, restaurer la confiance ne signifie pas nécessairement revenir à ce qui était. C’est parfois accepter de reconnaître ce qui doit changer.

Peut-être que le dialogue véritable commence précisément lorsque nous consentons à ne pas maîtriser ce qu’il pourrait faire émerger. Écouter, ce n’est pas seulement permettre à l’autre de s’exprimer; c’est reconnaître que sa parole pourrait transformer notre compréhension, nos pratiques et même notre manière d’exercer le pouvoir. Cette disponibilité demande de l’humilité, du courage et une certaine capacité de lâcher-prise. Elle nous rappelle que la confiance ne peut être exigée et que la participation ne peut se réduire à une simple consultation. Qu’il s’agisse de nos relations personnelles, de nos communautés ou de nos institutions, la confiance grandit lorsque chacun peut se sentir reconnu, entendu et libre de contribuer. Je repars de ce colloque avec cette conviction : cultiver la confiance, ce n’est pas chercher à préserver ce que nous sommes, mais créer ensemble les conditions qui nous permettent de devenir autrement.

jeudi 15 octobre 2026

De la fracture à la coresponsabilité : la confiance se reconstruit ensemble


Un grand merci à toutes les personnes qui ont participé aujourd’hui à notre présentation dans le cadre du colloque international Confiance et dialogue dans l’Église catholique, à l’Université Saint-Paul. Vos questions, vos réflexions et votre présence ont enrichi cette conversation sur la confiance, le dialogue et la coresponsabilité. Notre étude de cas nous rappelle que reconstruire la confiance ne consiste pas à effacer les fractures, mais à créer les conditions pour que de nouvelles relations puissent émerger.

Un merci tout particulier à ma collègue Monique Washnuk, avec qui j’ai eu le plaisir de préparer et de partager cette réflexion. Sa sensibilité, son expérience et la richesse de son regard ont nourri notre démarche commune. Cette collaboration témoigne elle-même de ce que nous cherchons à explorer : une manière d’avancer ensemble, dans l’écoute, le respect et l’ouverture à ce qui peut émerger de nos différences.

mercredi 14 octobre 2026

Ce qui tombe nourrit ce qui vient


À l’automne, les feuilles se détachent des arbres et retournent lentement à la terre. Elles ne disparaissent pas vraiment. Elles se décomposent, enrichissent le sol et participent silencieusement à l’émergence de nouvelles formes de vie. Il en va peut-être ainsi de nos propres transitions. Ce que nous laissons derrière nous, une manière d’être, un rôle, une relation, une certitude, ne s’efface pas nécessairement. Cela peut devenir une part du terreau de notre devenir. Mais entre ce qui se termine et ce qui commence, il existe un temps d’incertitude, un espace où rien ne semble encore prendre forme. Un temps qu’il nous faut parfois simplement apprendre à habiter.

Le lâcher-prise n’est donc pas seulement l’art de renoncer ou d’accepter ce qui s’achève. Il est aussi une invitation à faire confiance à la vie sans chercher à déterminer ce qui doit renaître. Nous voudrions parfois que chaque fin annonce immédiatement un nouveau commencement, que chaque perte trouve son sens et que chaque transition conduise quelque part. Pourtant, certaines transformations demandent du silence, de la patience et une disponibilité à l’imprévu. Comme la feuille d’automne, nous participons à des mouvements qui nous dépassent. Et peut-être que la foi la plus profonde ne consiste pas à savoir ce qui viendra, mais à demeurer ouverts à ce qui peut encore advenir.