Après avoir été blessés, déçus ou simplement éprouvés par la vie, nous pouvons devenir plus prudents dans nos relations. Cette prudence n’est pas nécessairement une fermeture. Elle peut même témoigner d’une certaine maturité : nous apprenons à reconnaître nos limites, à ne plus accorder notre confiance trop rapidement et à discerner ce qui nous fait du bien de ce qui nous fragilise. La prudence ne dit pas nécessairement « non » à la relation; elle dit plutôt : « pas n’importe comment, pas à n’importe quel prix ». Elle nous permet de demeurer ouverts tout en prenant soin de ce qui est vulnérable en nous.
La fermeture commence peut-être lorsque la protection devient si importante qu’elle ne protège plus seulement notre vulnérabilité, mais nous empêche aussi d’être touchés, surpris ou transformés par la rencontre. La différence peut sembler mince : une porte fermée et un mur protègent tous les deux, mais la porte conserve la possibilité de s’ouvrir. Voilà peut-être une question à nous poser lorsque nous érigeons une limite : est-ce que cette limite m’aide à demeurer libre dans la relation, ou m’évite-t-elle désormais toute relation? La posture juste ne consiste ni à tout laisser entrer ni à ne plus rien laisser entrer. Elle consiste à apprendre, avec le temps, quand ouvrir la porte, quand la refermer… et quand simplement rester un moment sur le seuil.




