mardi 3 mars 2026

Accueillir le vide : la fécondité du silence intérieur

 

On ne comble pas le vide.
Le vide est au cœur de notre vie.

Peut-être avons-nous appris à craindre le vide, à le percevoir comme un manque à remplir, une faille à réparer, une absence à effacer. Nous cherchons à le couvrir d’activités, de bruit, de performances, de relations parfois trop pleines pour ne pas sentir ce creux intérieur.

Mais le vide n’est pas forcément une carence.
Il est un espace.

C’est dans le vide que la respiration se déploie.
C’est dans l’espace entre les notes que la musique prend sens.
C’est dans les silences d’une conversation que la vérité peut émerger.

Le vide n’est pas l’ennemi de la vie ; il en est la matrice.

Il est ce lieu intérieur où rien n’est encore fixé, où tout demeure possible.
Un espace d’accueil, de disponibilité, de transformation silencieuse.

Lorsque nous cessons de vouloir le combler à tout prix, il cesse d’être angoissant.
Il devient fécond.

Habiter le vide, ce n’est pas renoncer au monde.
C’est consentir à cette profondeur en nous qui ne se laisse pas saturer.
C’est reconnaître que la plénitude ne vient pas de l’accumulation, mais de l’ouverture.

Le vide au cœur de notre vie n’est pas une absence.
Il est la condition même de la présence.

samedi 28 février 2026

Respirer ensemble : L’hygiène émotionnelle comme discipline du leadership


Lors de cette deuxième fin de semaine en Intelligence émotionnelle à l’USP, nous entrerons dans l’exploration de l’hygiène émotionnelle comme pratique de maturité personnelle et professionnelle. Il ne s’agira pas simplement d’identifier des émotions, mais d’apprendre à reconnaître leur circulation en soi et dans le groupe, à distinguer faits et interprétations, et à comprendre comment les affects non nommés influencent nos décisions, nos relations et notre leadership. Nous examinerons comment la régulation émotionnelle n’est ni suppression ni débordement, mais un travail conscient d’ajustement, au service de la clarté, de la responsabilité et de la qualité du lien. Cette exploration nous invitera à considérer l’intelligence émotionnelle non comme une compétence isolée, mais comme une discipline relationnelle qui protège la dignité, favorise la confiance et soutient une posture de présence lucide dans des contextes complexes.

vendredi 27 février 2026

Le fil déjà là


Je vois apparaître un fil. Il était là depuis longtemps. Pendant des années, j’ai cru explorer des directions différentes : institutions, communauté, enseignement, recherche, accompagnement. Aujourd’hui, je comprends que je ne faisais que suivre un même mouvement sans le nommer. Ce fil traversait mes engagements, mes questionnements, mes transitions. Il reliait mes expériences sans que je perçoive encore la trame complète. Ce n’était pas une dispersion. C’était une maturation silencieuse.

Je ne cours plus après un futur potentiel. Je marche avec un futur déjà en germination. Il ne s’agit plus de conquérir ou de multiplier, mais d’habiter avec justesse ce qui cherche à prendre forme. Ce futur ne se projette pas à distance ; il se déploie à même le présent. Et dans cette marche plus lente, plus dense, je reconnais quelque chose de profondément aligné. Cela me semble juste.

jeudi 26 février 2026

Du dialogue au “nous” : quand le lien devient action

 

Accompagner, ce n’est pas commencer par donner des conseils ou proposer des solutions. C’est d’abord entrer en dialogue. L’accompagnant.e se présente avec simplicité, écoute la réponse de l’autre, puis répond à cette réponse. C’est dans ce troisième mouvement que quelque chose change. Le « je » et le « tu » peuvent devenir un « nous ». À ce moment, la relation ne se limite plus à une conversation. Elle devient un engagement partagé. L’accompagnant.e porte attention à ce qui est dit, à ce qui est ressenti et au contexte dans lequel la personne vit. Cette écoute attentive ouvre un espace où l’action peut naître naturellement.

Dans une approche écosystémique et intégrative, ce passage du contact à l’engagement est essentiel. Il ne s’agit pas de faire à la place de l’autre, mais de marcher avec elle/lui. Quand deux personnes acceptent de faire un pas ensemble, même petit, un lien se renforce. Si une troisième personne est invitée, le processus devient collectif. La parole circule, la responsabilité se partage et une dynamique communautaire commence à prendre forme. Accompagner, c’est reconnaître ces moments importants et créer des espaces où le dialogue peut devenir action commune.

mercredi 25 février 2026

L’organisation comme écosystème vivant

 


Une organisation n’est pas un ensemble de tâches à répartir ni une mécanique à optimiser. Elle est un écosystème vivant, traversé par des relations visibles et invisibles, par des histoires fondatrices, des fidélités anciennes, des espoirs et parfois des blessures silencieuses. Chaque personne y porte une mémoire, une manière d’habiter le lien, une compréhension singulière du sens commun. Comme dans une forêt, certaines racines sont apparentes, d’autres plongent profondément dans le sol symbolique de l’institution. Les décisions ne circulent pas uniquement par les organigrammes ; elles se diffusent à travers la confiance, la reconnaissance et la qualité de présence entre les acteurs.

Comprendre une organisation comme un écosystème, c’est accepter que les tensions ne soient pas des anomalies, mais des signaux de régulation. Les loyautés, explicites ou implicites, structurent les comportements bien au-delà des politiques écrites. Les conflits révèlent des déséquilibres relationnels ou des aspirations non entendues. L’accompagnement organisationnel, dans cette perspective, ne consiste pas à corriger des individus, mais à soutenir la vitalité du tissu relationnel. Il s’agit de cultiver une écologie du lien où consentement, discernement et engagement peuvent émerger avec justesse, afin que l’organisation respire, évolue et retrouve sa cohérence intérieure.