mardi 5 mai 2026

La rencontre silencieuse

 

Il existe des rencontres silencieuses, presque imperceptibles, qui ne passent ni par les mots ni par les gestes. Elles se présentent simplement, comme une jonquille qui s’ouvre au cœur d’un sol encore fragile. On pourrait passer à côté sans s’arrêter. Et pourtant, si l’on prend le temps de regarder, quelque chose se déplace en nous. Une présence se réveille, une forme d’attention plus fine, plus humble, qui nous ramène à l’essentiel.

Ces rencontres-là n’ont rien de spectaculaire, mais elles transforment en profondeur. Elles nous rappellent que renaître ne signifie pas devenir autre chose, mais revenir à ce qui était déjà là, en attente. Comme la première jonquille du printemps, elles nous invitent à sortir doucement de l’hiver intérieur, à retrouver une simplicité oubliée, à renouer avec une part de nous qui sait encore écouter la vie lorsqu’elle parle bas.

lundi 4 mai 2026

Entre présence et reflet


Hier, juste avant le souper, Michel a capté Cléo au repos sur sa chaise, avec son reflet dans la fenêtre. On dirait deux présences, mais c’est le même calme qui se déploie, ici et là. Dans cette lumière tranquille, tout semble ralentir, comme si le moment voulait simplement être vécu.

dimanche 3 mai 2026

Quand lâcher le contrôle devient un acte de présence


Il y a des moments où nous sentons le besoin de reprendre le contrôle : quand une discussion devient tendue, quand un silence s’installe dans un groupe, ou quand une émotion forte apparaît. C’est une réaction normale. Nous voulons aider, réparer, faire avancer les choses. Mais parfois, en voulant trop intervenir, nous coupons le lien avec ce qui est en train de se vivre. Et si, au lieu de réagir rapidement, nous prenions un instant pour observer ? Rester avec ce qui est là, même si c’est inconfortable, peut ouvrir un espace plus vrai, plus humain.

Dans ces situations, essayer autre chose peut tout changer : ralentir, respirer, écouter sans chercher tout de suite une solution. Être simplement présent permet souvent aux personnes de se sentir vues et entendues. Et souvent, quelque chose se transforme naturellement. Ce n’est pas facile. Cela demande de faire confiance au processus, et à soi-même. Mais c’est là que commence une autre manière d’être en relation, plus simple, plus profonde, plus authentique.

vendredi 1 mai 2026

Entrer dans l’accompagnement : une semaine avant le début

 

Dans une semaine, le cours Dimensions spirituelles du leadership en accompagnement de groupes prendra forme. Et déjà, quelque chose commence.

Pas dans les contenus.
Pas dans les lectures.
Mais dans une disposition.

Celle de se rendre disponible.

Car accompagner ne commence pas lorsque l’on intervient. Cela commence bien avant. Dans la manière dont on entre dans un espace, dans la qualité d’attention que l’on porte, dans la façon dont on accepte de ne pas savoir immédiatement ce qui se joue.

Nous avons souvent appris à agir, à répondre, à orienter. Et ces capacités ont leur place. Mais l’accompagnement invite à un déplacement plus subtil. Il demande de ralentir. De percevoir. D’écouter ce qui se vit au-delà des mots.

Dans un groupe, il y a ce qui se dit.
Et il y a ce qui circule.

Des émotions, des silences, des hésitations, des élans.
Un tissu vivant, fragile, parfois invisible.

Apprendre à accompagner, c’est apprendre à reconnaître ce tissu. À ne pas le forcer. À ne pas le précipiter. À faire confiance au fait que quelque chose peut émerger lorsque les conditions sont là.

Ce cours est une invitation à explorer cette posture.

Une posture qui ne se résume pas à des gestes, mais qui touche à la manière d’être en relation. Avec soi. Avec les autres. Avec ce qui nous dépasse parfois.

Il ne s’agit pas d’apprendre à bien faire.
Il s’agit d’apprendre à être autrement.

Et peut-être, à laisser apparaître des chemins qui ne peuvent être tracés à l’avance.

À celles et ceux qui s’apprêtent à entrer dans ce parcours :
le travail a déjà commencé.

jeudi 30 avril 2026

Se tenir au seuil : la sagesse silencieuse du héron bleu

 

Le héron bleu nous parle d’une posture plus que d’un comportement :
celle d’un être capable d’habiter la complexité sans agitation,
de patienter sans se figer,
et d’agir sans se disperser.

Il ne cherche pas à maîtriser le monde.
Il s’y inscrit avec justesse.

Et, en cela, il devient une figure profondément inspirante pour toute démarche d’accompagnement :
être là, pleinement,
jusqu’à ce que le geste juste émerge.


Photo inspirée : Toinette Parisio