mercredi 6 mai 2026

Enseigner comme une rencontre qui devient relation


Dans un cours, tout commence par une rencontre. Un premier regard, quelques mots, une présence qui s’installe entre le professeur et les étudiant.es. À ce stade, il est facile de rester centré sur le contenu. Pourtant, lorsque le professeur choisit d’entrer réellement en présence, en écoutant, en nommant ce qui se vit, en accueillant les silences comme les prises de parole, quelque chose change. La classe cesse d’être un simple lieu de transmission pour devenir un espace de relation. Les étudiant.es ne sont plus seulement des récepteurs de savoirs, mais des personnes engagées dans un processus vivant.

Avec le temps, cette relation peut devenir un véritable lieu de transformation. Les étudiant.es osent davantage, réfléchissent autrement et prennent la parole avec plus de confiance. L’apprentissage ne se limite plus à comprendre des concepts. Il devient une expérience qui touche l’identité, la manière de se situer dans le monde et dans le groupe. Pour le professeur, cela demande de tenir un équilibre délicat, offrir un cadre clair tout en laissant place à ce qui émerge. Enseigner, dans cette perspective, c’est accompagner des passages et reconnaître que ce qui transforme le plus n’est pas seulement ce qui est enseigné, mais la qualité de la relation dans laquelle cet enseignement prend forme.




mardi 5 mai 2026

La rencontre silencieuse

 

Il existe des rencontres silencieuses, presque imperceptibles, qui ne passent ni par les mots ni par les gestes. Elles se présentent simplement, comme une jonquille qui s’ouvre au cœur d’un sol encore fragile. On pourrait passer à côté sans s’arrêter. Et pourtant, si l’on prend le temps de regarder, quelque chose se déplace en nous. Une présence se réveille, une forme d’attention plus fine, plus humble, qui nous ramène à l’essentiel.

Ces rencontres-là n’ont rien de spectaculaire, mais elles transforment en profondeur. Elles nous rappellent que renaître ne signifie pas devenir autre chose, mais revenir à ce qui était déjà là, en attente. Comme la première jonquille du printemps, elles nous invitent à sortir doucement de l’hiver intérieur, à retrouver une simplicité oubliée, à renouer avec une part de nous qui sait encore écouter la vie lorsqu’elle parle bas.

lundi 4 mai 2026

Entre présence et reflet


Hier, juste avant le souper, Michel a capté Cléo au repos sur sa chaise, avec son reflet dans la fenêtre. On dirait deux présences, mais c’est le même calme qui se déploie, ici et là. Dans cette lumière tranquille, tout semble ralentir, comme si le moment voulait simplement être vécu.

dimanche 3 mai 2026

Quand lâcher le contrôle devient un acte de présence


Il y a des moments où nous sentons le besoin de reprendre le contrôle : quand une discussion devient tendue, quand un silence s’installe dans un groupe, ou quand une émotion forte apparaît. C’est une réaction normale. Nous voulons aider, réparer, faire avancer les choses. Mais parfois, en voulant trop intervenir, nous coupons le lien avec ce qui est en train de se vivre. Et si, au lieu de réagir rapidement, nous prenions un instant pour observer ? Rester avec ce qui est là, même si c’est inconfortable, peut ouvrir un espace plus vrai, plus humain.

Dans ces situations, essayer autre chose peut tout changer : ralentir, respirer, écouter sans chercher tout de suite une solution. Être simplement présent permet souvent aux personnes de se sentir vues et entendues. Et souvent, quelque chose se transforme naturellement. Ce n’est pas facile. Cela demande de faire confiance au processus, et à soi-même. Mais c’est là que commence une autre manière d’être en relation, plus simple, plus profonde, plus authentique.

vendredi 1 mai 2026

Entrer dans l’accompagnement : une semaine avant le début

 

Dans une semaine, le cours Dimensions spirituelles du leadership en accompagnement de groupes prendra forme. Et déjà, quelque chose commence.

Pas dans les contenus.
Pas dans les lectures.
Mais dans une disposition.

Celle de se rendre disponible.

Car accompagner ne commence pas lorsque l’on intervient. Cela commence bien avant. Dans la manière dont on entre dans un espace, dans la qualité d’attention que l’on porte, dans la façon dont on accepte de ne pas savoir immédiatement ce qui se joue.

Nous avons souvent appris à agir, à répondre, à orienter. Et ces capacités ont leur place. Mais l’accompagnement invite à un déplacement plus subtil. Il demande de ralentir. De percevoir. D’écouter ce qui se vit au-delà des mots.

Dans un groupe, il y a ce qui se dit.
Et il y a ce qui circule.

Des émotions, des silences, des hésitations, des élans.
Un tissu vivant, fragile, parfois invisible.

Apprendre à accompagner, c’est apprendre à reconnaître ce tissu. À ne pas le forcer. À ne pas le précipiter. À faire confiance au fait que quelque chose peut émerger lorsque les conditions sont là.

Ce cours est une invitation à explorer cette posture.

Une posture qui ne se résume pas à des gestes, mais qui touche à la manière d’être en relation. Avec soi. Avec les autres. Avec ce qui nous dépasse parfois.

Il ne s’agit pas d’apprendre à bien faire.
Il s’agit d’apprendre à être autrement.

Et peut-être, à laisser apparaître des chemins qui ne peuvent être tracés à l’avance.

À celles et ceux qui s’apprêtent à entrer dans ce parcours :
le travail a déjà commencé.