vendredi 13 mars 2026

Se demander pardon : accueillir sa singularité comme une offrande


La parution du nouveau livre d’Olivier Clerc, Le pardon à soi, vient approfondir une dimension essentielle du chemin intérieur : celle de la réconciliation avec sa propre existence. Dans cet ouvrage, auquel j’ai eu la joie de contribuer par un témoignage, le pardon n’est pas présenté comme un simple geste psychologique, mais comme un acte de reconnaissance de soi. Se demander pardon, c’est cesser de se juger pour ce que l’on est, et reconnaître que notre singularité ne constitue pas une erreur à corriger, mais une offrande à accueillir. Dans mon propre parcours, cette démarche a ouvert un passage inattendu : en apprenant à aimer ma différence, j’ai découvert une liberté nouvelle, celle d’accueillir plus profondément la différence des autres. Le pardon à soi devient alors un chemin d’humanisation : un geste intime qui transforme notre manière d’habiter la relation, avec nous-mêmes, avec les autres et avec la vie.

mardi 10 mars 2026

Un baptême académique

 

Aujourd’hui marque l’anniversaire de mon baptême. Cette date a pris pour moi une résonance particulière, car elle arrive au lendemain d’une étape importante de mon parcours doctoral : la présentation de mon projet de thèse devant mon comité. En repensant à cette rencontre, une image s’est imposée à moi. J’ai eu l’impression de vivre une forme de baptême dans le monde académique. Pendant des années, ce projet a mûri dans la pratique, dans l’accompagnement des proches aidants, dans l’enseignement et dans mes carnets de réflexion. Hier, en le présentant devant le comité, il a franchi un seuil. Le baptême, dans son sens symbolique le plus profond, évoque un passage : entrer dans une eau pour en ressortir transformé, reconnu dans une nouvelle étape de son chemin. De la même manière, ce moment marque pour moi l’entrée plus consciente dans la communauté de recherche. Non pas comme quelqu’un qui possède des réponses définitives, mais comme quelqu’un qui accepte de marcher dans la rigueur du questionnement et dans le dialogue avec d’autres chercheurs.

dimanche 8 mars 2026

La posture d’accompagnement : une manière d’entrer dans la relation


Quand on parle d’accompagnement, on pense souvent à des conseils, des méthodes ou des solutions. Pourtant, l’essentiel se situe ailleurs. La posture d’accompagnement concerne d’abord la manière dont une personne entre en relation avec une autre. Accompagner, c’est apprendre à être présent à l’autre sans prendre toute la place. C’est écouter avec attention, reconnaître la liberté de la personne et lui permettre d’avancer à son propre rythme. La qualité de la relation devient alors plus importante que les techniques utilisées.

Mais cette relation ne se déroule jamais dans le vide. Elle s’inscrit toujours dans un contexte plus large, une famille, une communauté, une organisation ou un milieu de vie. Accompagner demande donc de comprendre les liens qui entourent la personne. En même temps, l’accompagnant doit aussi cultiver une certaine intériorité. Prendre le temps d’écouter ce qui se passe en soi aide à agir avec plus de justesse. Lorsque ces trois dimensions se rencontrent, la relation à l’autre, l’attention au contexte communautaire et une présence intérieure, l’accompagnement devient un espace vivant où les personnes peuvent réfléchir, se transformer et retrouver leur propre capacité d’agir.

samedi 7 mars 2026

Retrouver le chemin de l’intériorité


Il m’arrive souvent d’observer chez plusieurs étudiants une grande intelligence, une grande sensibilité et beaucoup de bonne volonté. Pourtant, beaucoup me confient aussi un certain malaise : ils ont appris à réussir, à répondre aux attentes, à avancer rapidement… mais ils ont rarement appris à se rencontrer eux-mêmes. Dans un monde où tout nous pousse à produire, à performer et à rester constamment connectés, il devient difficile de prendre le temps de regarder à l’intérieur de soi. Le silence, la réflexion et l’écoute de son propre cœur deviennent presque des actes de résistance. Et pourtant, sans cette intériorité, il devient difficile de savoir vraiment qui nous sommes et où nous voulons aller.

C’est peut-être pour cette raison que plusieurs étudiants cherchent des lieux où ils peuvent ralentir et réfléchir autrement. Dans mes cours, je vois souvent naître ce désir de comprendre non seulement le monde, mais aussi sa propre manière d’y être présent. Cultiver l’intériorité ne signifie pas se retirer du monde. Au contraire, c’est ce qui nous permet d’y entrer avec plus de justesse, de lucidité et d’humanité. Lorsque nous apprenons à écouter ce qui se passe en nous, nos actions deviennent plus alignées et nos relations plus vraies. L’intériorité n’est pas un luxe : elle est une source de clarté et de sens dans une époque qui en a profondément besoin.

vendredi 6 mars 2026

La justesse, l'art de répondre au moment


Il y a des moments dans la vie où l’on sent qu’un geste ou une parole arrive exactement au bon moment. Ce n’est pas quelque chose de compliqué. Parfois, c’est simplement écouter quelqu’un avec attention, poser une question simple ou rester en silence quand les mots ne sont pas nécessaires. J’aime penser que la justesse est cette capacité d’être présent à ce qui se passe et de répondre avec simplicité. Elle ne vient pas d’une méthode ou d’une règle. Elle naît plutôt de l’attention que l’on porte aux autres, à la situation et aussi à ce que l’on ressent à l’intérieur de soi.

Avec le temps, je découvre que la justesse demande souvent de ralentir. Quand on agit trop vite, on risque de réagir plutôt que de vraiment comprendre ce qui est en train de se vivre. Dans les relations humaines, la justesse peut être une parole qui encourage, un regard qui rassure ou un moment de silence qui laisse l’autre respirer. Elle ressemble à un art de l’ajustement. On apprend peu à peu à sentir ce que la situation demande et à répondre avec respect et simplicité. Ce n’est pas parfait, et cela ne l’est jamais complètement. Mais lorsque la justesse est là, quelque chose devient plus paisible et plus vrai dans la relation.