Il arrive qu’on nous offre une chaise. Une place autour d’une table. Un geste d’ouverture, parfois sincère, parfois attendu. Et spontanément, quelque chose en nous veut honorer cette invitation. On s’assoit. On essaie de participer. On écoute. On parle. On s’ajuste.
Mais avec le temps, une autre question apparaît, plus discrète. Ce n’est plus seulement : ai-je une place?
C’est : quelle est la qualité de cette table?
Car toutes les tables ne se ressemblent pas. Certaines accueillent vraiment. La parole circule, l’écoute est vivante, les regards se croisent. On n’a pas besoin de forcer sa présence. Elle trouve naturellement sa place. Et puis il y a d’autres tables. On y est assis, mais sans véritable résonance. Les échanges glissent. L’écoute est partielle. On sent qu’il faut insister un peu pour être entendu.
Alors le discernement commence là. Non pas dans le refus de la chaise, mais dans l’attention portée à la table.
Accompagner, c’est aussi apprendre cela. Ne pas se précipiter vers chaque place offerte. Prendre le temps de sentir si le lieu permet une vraie rencontre. Et, parfois, reconnaître avec simplicité que ce n’est pas la bonne table.
Car au fond, il ne s’agit pas seulement d’être invité.
Il s’agit de pouvoir être présent… pleinement.

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