En ce 2 novembre, jour des Morts, nous prenons le temps de nous souvenir des personnes qui nous ont quittés. Mais cette journée pourrait aussi nous inviter à nous souvenir de celles et ceux que nous avons été. Au fil de notre vie, certaines façons de penser, d'aimer, de travailler ou de nous définir ont progressivement laissé place à d'autres. Nous avons parfois dû abandonner des rêves, quitter des rôles, renoncer à des certitudes ou accepter que certaines histoires ne se terminent pas comme nous l'aurions souhaité. Et si nous prenions un moment pour honorer ces anciennes versions de nous-mêmes, non pas avec regret, mais avec reconnaissance pour ce qu'elles nous ont permis de traverser et de devenir ?
Fleurir symboliquement la tombe de notre « vieux moi », ce n'est pas chercher à oublier notre passé ni à effacer nos erreurs. C'est reconnaître que certaines manières d'être ont accompli leur travail et qu'elles n'ont plus besoin de diriger notre vie aujourd'hui. Nous pouvons remercier celui ou celle que nous avons été, accueillir avec douceur ce qui demeure inachevé et faire de la place à ce qui cherche maintenant à émerger. Peut-être que grandir, ce n'est pas toujours devenir quelqu'un de nouveau, mais apprendre à vivre autrement avec toute notre histoire. En ce jour de mémoire, pourquoi ne pas offrir aussi quelques fleurs à ce que nous avons été ?

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