vendredi 31 octobre 2025

Atelier - L’Arbre de Vie : Appartenance et Reliance

 

Et si nos racines d’appartenance et nos branches de reliance étaient les deux forces qui nous relient à la vie ?
Le Centre d’entraide aux aînés de Gatineau vous invite à un moment créatif et ressourçant : « L’Arbre de Vie : Appartenance et Reliance », animé par Marquis Bureau et Michel Charron, dans le cadre de la Semaine nationale de la proche aidance.
À travers le dessin, la couleur et la symbolique de l’arbre, les proches aidants d’aînés sont invités à reconnaître leurs racines, célébrer leurs liens et ouvrir un espace de reliance vivante.
Aucune expérience artistique n’est requise, seulement le désir de se déposer et de se relier.
Mardi 4 novembre 2025
De 17 h à 19 h
Cabane en bois rond, Gatineau
En partenariat avec le Centre sur le vieillissement, la communauté et l’épanouissement humain de l’Université Saint-Paul
« L’appartenance nous enracine. La reliance nous élève. Ensemble, nous faisons forêt. »
Marquis

Justice, vengeance et pardon : une tension à accueillir


Quand la quête d’équilibre devient un chemin de conscience

Et si la justice et la vengeance n’étaient pas des contraires, mais deux réponses différentes à une même blessure ?

Dans mon travail d’accompagnement et dans les Cercles de Pardon que j’anime, je rencontre souvent cette tension. Elle est à la fois universelle et profondément intime : chacun de nous, un jour, a voulu « réparer » une douleur. Mais entre le besoin de justice et le désir de revanche, la ligne est souvent plus fine qu’on le croit.


La vengeance cherche à compenser la souffrance en infligeant une autre souffrance. Elle se nourrit d’un instinct de rééquilibrage immédiat, presque chimique. Le chercheur américain James Kimmel Jr., dans son ouvrage The Science of Revenge, démontre que le désir de vengeance agit dans le cerveau comme une addiction. Chaque pensée de revanche déclenche une libération de dopamine, offrant un soulagement temporaire… avant de raviver la douleur.
Ainsi, plus on alimente la vengeance, plus la blessure s’ancre.


La justice, quant à elle, tente de restaurer la dignité, de réparer le lien social. Mais lorsqu’elle est habitée par la colère ou le besoin de punir, elle risque elle aussi de se dénaturer, de devenir vengeance légitimée. C’est dans cet espace fragile que le pardon prend tout son sens.

Kimmel le décrit non pas comme un oubli ou une faiblesse, mais comme une transformation de conscience. Le pardon, écrit-il, « ne remplace pas la justice, il la transforme en dignité retrouvée. » Il ne cherche pas à effacer la faute, mais à libérer la personne du cycle de réaction qui la maintient captive. Sur le plan humain, le pardon agit comme une réinitialisation du lien : il remet en circulation ce que la blessure avait figé.


Une pratique de présence, pas de solution


Dans un Cercle de Pardon, cette tension entre justice et vengeance ne se résout pas : elle s’accueille. C’est là que commence la transformation : quand on cesse de vouloir trancher pour commencer à écouter. Le pardon n’est pas un geste héroïque, mais une ouverture lente, une respiration partagée qui permet à la vie de reprendre son cours.


Notre rôle, comme animateurs, n’est pas d’offrir une issue, mais de tenir un espace vivant de discernement. Un espace où la blessure et la conscience peuvent coexister, où la paix intérieure ne naît pas de la victoire sur l’autre, mais du retour à soi.

Entre appartenance et reliance

 

Il m’a fallu du temps pour comprendre que l’appartenance et la reliance ne s’opposent pas.
Elles dansent ensemble, comme deux mouvements d’une même respiration.

L’appartenance m’a appris la sécurité.
Elle m’a offert des lieux, des visages, des repères.
Elle m’a donné des racines, des histoires, une langue pour dire nous.
Mais à travers les années, j’ai aussi senti ses limites.
L’appartenance rassure, mais parfois elle retient.
Elle peut devenir un abri trop étroit quand la vie m’appelle à respirer plus grand.

C’est là qu’est entrée la reliance.
Elle n’a pas remplacé l’appartenance, elle l’a ouverte.
Elle m’a invité à être en lien sans m’y enfermer, à rencontrer sans m’approprier, à aimer sans posséder.
Dans la reliance, je ne cherche plus ma place, je cherche la présence.
Je n’ai plus besoin d’un groupe pour exister, mais d’un champ vivant où le sens circule librement.

Ce que j’apprends, c’est que l’appartenance construit la maison, mais que la reliance en ouvre les fenêtres.
L’appartenance donne forme, la reliance donne souffle.
Quand les deux s’accordent, quelque chose de profond se réconcilie en moi : je peux être fidèle à mes racines tout en restant ouvert à l’inconnu.

Mon témoignage, c’est celui d’un homme qui a longtemps cherché à appartenir pour être reconnu, et qui découvre aujourd’hui la joie tranquille d’être relié pour mieux aimer.
Je ne cherche plus le lieu parfait où m’ancrer, mais l’espace vivant où contribuer.
Là où l’on écoute, là où l’on apprend ensemble à respirer, là se trouve ma communauté.

jeudi 30 octobre 2025

Le seuil intérieur de l’accueil


Nous vivons dans un drôle de monde.

Même les lieux d’accueil se transforment. Là où, autrefois, un hôte ou une hôtesse nous recevait avec un sourire, on trouve désormais un gardien de sécurité. Les comptoirs se ferment, les portes se verrouillent, et les formations à l’accueil insistent désormais sur la gestion du risque plus que sur la rencontre. Tout visiteur devient, malgré lui, un inconnu à surveiller.

Je regarde cela avec étonnement. Pas avec jugement, mais avec une sorte de tristesse lucide.
Car derrière ces dispositifs, il y a une blessure plus profonde : la peur de l’autre. La peur diffuse qui s’installe dans nos corps collectifs, cette méfiance qui se glisse jusque dans les gestes les plus simples de la vie quotidienne.
Les lieux qui devraient relier deviennent des lieux qui filtrent.

Et pourtant, l’accueil est l’un des plus anciens langages de l’humanité.
Dans toutes les traditions, franchir un seuil, c’était entrer dans un espace sacré : celui de la rencontre, de l’imprévu, du possible. L’hôte était gardien de ce passage. Aujourd’hui, ce rôle semble s’être effacé. Nous avons perdu le seuil comme lieu symbolique.

Mais je crois que le seuil n’a pas disparu. Il s’est déplacé.
Il est devenu intérieur.
Dans un monde qui se barricade, habiter le seuil, c’est peut-être apprendre à ouvrir de l’intérieur.
Accueillir, non par obligation, mais par présence.
Rappeler, par le regard, par la voix, par la qualité du silence, que la confiance n’est pas morte.

Accueillir, aujourd’hui, c’est un acte de résistance douce.
C’est choisir de rester humain au milieu des procédures.
C’est garder vivante la possibilité d’un lien, celui qui passe, fragile et précieux, entre deux consciences qui se reconnaissent.

Et peut-être que là, dans ce mince passage, dans cet instant de reconnaissance, le monde redevient habitable.

mercredi 29 octobre 2025

L'incomplétude

Nous cherchons souvent à tout terminer, à tout comprendre, à tout maîtriser. Pourtant, la vie ne se laisse pas enfermer dans la perfection du « fini ». Elle avance par fragments, par esquisses, par recommencements.

L’incomplétude n’est pas un échec, c’est une manière d’habiter le réel. C’est accepter que tout soit en mouvement, que les relations, les projets, les idées soient toujours en devenir. Ce sentiment d’inachevé n’est pas un vide à combler, mais un appel à continuer à créer, à écouter, à être présent.

Reconnaître l’incomplétude, c’est choisir la confiance plutôt que le contrôle. C’est apprendre à aimer ce qui reste ouvert, imparfait, encore en train de se faire.


mardi 28 octobre 2025

Sous le cercle des pins blancs


Ce texte s’enracine dans une expérience vécue, mais il s’ouvre comme un récit symbolique. Il relie trois cercles : celui de la nature, celui des humains et celui du pardon. Sous le cercle des pins blancs, à la 4e Porte, quelque chose s’est ouvert : un passage.

La 4e Porte, dans sa symbolique, évoque ce lieu où l’on quitte le connu pour entrer dans l’espace du cœur, là où la vérité se dit sans défense. Elle représente aussi une traversée, celle du mental vers la présence, de la peur vers la confiance, de la blessure vers la paix.

C’est dans ce lieu qu’a eu lieu la première cohorte québécoise de formation à l’animation des Cercles de Pardon depuis le passage d’Olivier Clerc à Montréal il y a dix ans. Dix années se sont écoulées entre la rencontre d’Olivier Clerc avec Don Miguel Ruiz et la parution de son livre Le Don du pardon. Dix années de gestation, de maturation intérieure et de transformation silencieuse avant que l’expérience ne devienne transmission. Ce même souffle semble avoir traversé le temps jusqu’à ce cercle québécois, comme une semence d’amour qui continue de germer.

Deux jours denses, à la fois ancrés dans la pratique et portés par une énergie de fond : celle du lien vivant entre la Terre et le Ciel. Autour de la salle, un cercle de pins blancs veillait. Leur présence rappelait que le pardon, comme l’arbre, ne s’enseigne pas. Il se vit, il pousse lentement, dans le silence et la lumière.

Les pins blancs sont porteurs d’une sagesse ancienne. Chez les Haudenosaunee, peuples de la Longue Maison, le pin blanc est l’Arbre de la Grande Paix. Il relie les quatre directions, invitant chaque être à déposer ses armes intérieures et à faire respirer la paix dans son cœur. En les contemplant, j’ai senti que la posture de l’animateur de Cercle de Pardon rejoint celle du pin : être présence, accueillir sans imposer, offrir l’espace du lien sans chercher à maîtriser.

À l’intérieur, un autre cercle s’est formé. Onze personnes, huit participant.es, deux coanimatrices et un formateur, réunis dans une même intention d’ouverture. Ce fut un moment précieux, marqué par la présence bienveillante du fondateur Olivier Clerc et un mot d’accueil inspirant de la présidente de l’Association Pardon International, Agnès. Le pardon n’était plus un concept : il devenait respiration, vibration, rencontre. Les pins blancs dehors répondaient au cercle intérieur, comme s’il existait une correspondance entre nos racines et leurs branches, entre notre silence et leur immobilité.

Lorsque la fin de semaine s’est achevée, huit nouvelles personnes portaient en elles la paix du pardon, prêtes à faire croître cette forêt invisible. Avant de partir, je suis retourné près des pins. Dans leur calme verticalité, j’ai entendu ce murmure, aussi clair qu’un souffle d’âme : chaque fois qu’un cœur s’ouvre, un arbre pousse dans la forêt du pardon.

Bienvenue à Cathia, Cathy, Claire, Guylaine, Hélène, Jean-Christian, Nancy et Supreet !

lundi 27 octobre 2025

Huit nouveaux arbres dans la grande forêt du pardon

 

Cette fin de semaine, à La 4e Porte, au cœur du Québec, nous avons vécu un moment profondément touchant : la naissance d’une nouvelle cohorte d’animatrices et d’animateurs des Cercles de Pardon.
Deux jours pour planter, ensemble, les graines du pardon : des graines d’écoute, de présence et de transformation silencieuse, qui prendront racine dans le quotidien de celles et ceux qui les porteront.

Huit nouveaux arbres se sont enracinés dans la grande forêt mondiale du pardon. Huit êtres engagés à faire grandir, chacun à leur manière, cette vibration d’amour et de guérisons du coeur. Et déjà, leurs racines se mêlent à celles de milliers d’autres, formant un réseau vivant et invisible qui relie la Terre entière par le souffle du cœur.

Je veux remercier de tout cœur les participant.es, pour la confiance avec laquelle ils et elles ont laissé s’ouvrir en eux ce nouveau printemps intérieur. Merci à mes coanimatrices, Élise et Mireille, pour leur bienveillance, leur présence enracinée et la clarté avec laquelle elles ont soutenu la croissance de ce jeune bosquet de pardon. Merci à Olivier, fondateur des Cercles, pour sa présence inspirante, tel un arbre ancien qui veille sur la forêt, et à Agnès, présidente de l’Association du Pardon International (API), pour son souffle bienveillant qui relie nos rameaux à la grande canopée du mouvement mondial.

À travers ces Cercles, un même élan circule comme une sève commune celle d’un humanisme du cœur, qui nous invite à guérir ensemble, à honorer nos blessures et à reconnaître, au-delà des différences, ce qui nous relie profondément.

Le pardon n’est pas un concept, c’est un arbre vivant. Il pousse lentement, patiemment, dans le sol fertile de nos vies, et chaque Cercle, chaque rencontre, en devient une graine féconde pour le monde.

Marquis

vendredi 24 octobre 2025

Le discernement du cœur

 

Cette fin de semaine, je vivrai un moment précieux : accompagner, pour la première fois, la formation d’animatrices et d’animateurs des Cercles de Pardon, au centre du Québec.

Un lieu symbolique pour ouvrir ensemble une nouvelle étape, entre transmission et écoute, entre rigueur et douceur.

Dans chaque accompagnement, il y a un passage à franchir : celui du discernement du cœur.
Non pas choisir avec la tête, ni seulement avec l’émotion, mais écouter ce qui pulse au plus profond de soi, là où la vérité ne cherche pas à convaincre, mais à se reconnaître.

Le discernement du cœur, c’est un art de présence :
accueillir ce qui est, laisser s’éclairer ce qui veut naître,
et consentir à être guidé par une lumière plus vaste que soi.

Puissions-nous, ensemble, écouter avec humilité ce qui cherche à se dire à travers nous.

jeudi 23 octobre 2025

Le réel qui nous relie


Hier soir, en marchant sous les arbres d’automne, j’ai senti le monde me parler. Peut-être t’est-il déjà arrivé de ressentir cela : ce moment où la terre respire lentement, où chaque feuille qui tombe semble t’inviter à écouter plutôt qu’à penser. Le réel, dans ces instants, ne se montre pas comme un objet à comprendre, mais comme une présence à accueillir. Il ne se prouve pas, il s’éprouve. Quand nous cessons de vouloir maîtriser la vie, elle se met à vibrer tout près de nous dans un souffle, un silence, une nuance de lumière.

Aujourd’hui, je t’invite à marcher à ton tour, ne serait-ce que quelques minutes. Laisse le monde te rejoindre. Laisse ton regard se déposer sur ce qui t’entoure, sans nommer, sans juger. Ressens simplement le fil qui te relie à la vie cette résonance discrète entre ton cœur et le monde. Peut-être découvriras-tu, comme je l’ai senti hier soir, que le réel n’est pas ce qui se trouve devant nous, mais ce qui s’éveille quand nous acceptons d’être touchés.

mercredi 22 octobre 2025

Rester pour transformer

 


J’ai longtemps cru que fonder signifiait partir une fois l’œuvre lancée.
Aujourd’hui, je découvre une autre voie : rester pour transformer.
Rester non pour défendre, mais pour accompagner la mue.
Rester pour que la mémoire et le souffle puissent cohabiter.
Rester, enraciné et vivant, comme un arbre qui refleurit après l’hiver.

mardi 21 octobre 2025

Quand la beauté du possible rencontre la lourdeur du monde


Il m’arrive de voir, avec une intensité tranquille, la beauté de ce que la vie pourrait devenir, dans nos relations, nos institutions et nos gestes quotidiens. Mais sur ce chemin, je rencontre souvent des murs : l’inertie des égos, les lourdeurs administratives, les résistances à changer.

Et tout mon être le ressent. Pas comme une simple fatigue, mais comme une sorte de peine du cœur, celle de voir le potentiel du vivant freiné par la peur ou la rigidité.

Aujourd’hui, je comprends que ce n’est pas à moi de forcer les choses à éclore. Mon rôle, peut-être, est simplement de demeurer fidèle à la beauté que je perçois, même lorsqu’elle semble absente.

Rester ouvert, même au milieu de la lenteur.
Continuer à croire que, quelque part, la vie sait ce qu’elle fait.

lundi 20 octobre 2025

S’ENTRAIDER PAR LE RÉCIT : Les voix de nos ancêtres intérieurs

 

Il y a des soirs où la mémoire devient lumière.
Où le passé ne pèse plus, mais éclaire.
Nos défunts ne nous demandent pas de nous souvenir d’eux avec tristesse, mais de continuer à vivre avec eux autrement
dans la tendresse d’un souvenir, la beauté d’un geste, la gratitude d’un souffle.

Le 31 octobre, à l’Espace Dep Sylvestre, nous vous invitons à une soirée pour écouter les voix de nos ancêtres intérieurs.
Une soirée pour nous entraider par le récit,
en tissant des liens entre nos histoires, nos silences et nos présences invisibles.

Apportez un petit objet symbolique, une photo, une fleur, un mot, une pierre…
Nous créerons ensemble un espace de mémoire vivante, inspiré de la Fête des morts au Mexique, pour honorer celles et ceux qui continuent de marcher à nos côtés, autrement.

S’ENTRAIDER PAR LE RÉCIT : Les voix de nos ancêtres intérieurs
Vendredi 31 octobre 2025, 19 h à 21 h
Espace Dep Sylvestre — 230 rue Montcalm, Gatineau
Co-animée par Marquis Bureau et Michel Charron
Entrée libre — contribution volontaire
Réservation : marquis.bureau@gmail.com

dimanche 19 octobre 2025

Regard sur l’accompagnement : La Terre promise

 

Aujourd’hui, j’imagine voir la Terre promise dans tous les pays du monde.
Non pas celle des frontières ou des drapeaux,
mais celle qui se dévoile quand un être humain choisit de demeurer présent.
Chaque rencontre devient passage, chaque regard devient pont.
Il suffit parfois d’un mot juste, d’un souffle attentif,
pour que l’horizon s’élargisse à nouveau.

La Terre promise, ce n’est pas demain.
C’est ici, quand la bonté circule.
C’est maintenant, quand la peur cède la place à la confiance.
C’est partout, là où le vivant se reconnaît dans le vivant.

samedi 18 octobre 2025

Commencer là où nous sommes


Si nous attendons que tout soit en ordre pour nous ouvrir à la vie spirituelle, nous n’entrerons jamais. Le monde matériel ne cesse de bouger, de se déséquilibrer, de nous surprendre. La vie spirituelle commence non pas quand tout est arrangé, mais quand nous décidons d’habiter le désordre autrement.

Entrer dans la dimension intérieure, c’est apprendre à agir à partir de la source, là où se forment nos intentions, nos pensées, nos gestes de confiance. En donnant la première place à ce monde des causes, nous influençons peu à peu la matière, nos relations et les structures qui nous entourent.
Ce n’est pas fuir le monde, mais l’aimer depuis plus loin, plus haut, plus vrai.

vendredi 17 octobre 2025

Écouter et ressentir avec le cœur


Écouter avec le cœur, c’est d’abord prendre le temps d’être présent. C’est faire taire ce qui veut analyser, répondre ou conseiller, pour simplement entendre ce que l’autre vit. Quand on écoute ainsi, on ne cherche pas à résoudre un problème, mais à accueillir une personne. C’est une écoute qui ne juge pas, qui ne corrige pas, et qui reconnaît que chaque parole porte une part de vérité, même quand elle nous dérange.

Ressentir avec le cœur, c’est oser rester ouvert, même quand c’est inconfortable. C’est percevoir non seulement les mots, mais aussi les émotions, les silences, le ton de la voix, les gestes. C’est accepter que ce qu’on entend nous touche, et que cette résonance soit une forme de compréhension plus profonde que la logique.

Écouter et ressentir avec le cœur ne signifie pas abandonner la raison, mais lui offrir un allié : la sensibilité. Le cœur nous apprend à voir au-delà des apparences, à sentir ce qui relie plutôt que ce qui sépare. Il nous rappelle que comprendre l’autre passe souvent par un moment de silence, d’empathie, de respect mutuel.

Écouter de cette façon, c’est un choix : celui d’être humain avant d’être performant. C’est accepter que la relation soit un lieu d’apprentissage réciproque, où chacun se découvre à travers l’autre.

jeudi 16 octobre 2025

Regarder et voir un arbre, une forêt

 

Il m’arrive souvent en marchant de m’arrêter devant un arbre.
Je pourrais le regarder : observer ses racines, la texture de son écorce, la forme de ses branches.
Je pourrais nommer son espèce, mesurer sa hauteur, décrire la direction du vent dans ses feuilles.
Regarder, c’est déjà un acte d’attention.
Mais c’est encore moi qui regarde, moi qui pose un regard sur quelque chose d’extérieur à moi.

Et puis, il y a ces moments plus rares où je vois l’arbre.
Où le regard s’efface.
Où quelque chose en moi se tait et s’ouvre.
Ce n’est plus un objet devant moi : c’est une présence qui me regarde aussi.
Je ne suis plus le témoin ; je deviens partie prenante d’un dialogue silencieux entre deux vivants.
Dans ce voir-là, il n’y a plus d’observateur et d’observé : il n’y a que la vie qui se reconnaît elle-même.

Voir un arbre, c’est percevoir son souffle lent, son enracinement patient, son alliance avec la lumière et le sol.
C’est sentir que le même mouvement qui le traverse me traverse aussi.
Que sa croissance, sa chute, sa renaissance appartiennent à la même respiration que la mienne.

Regarder la forêt, c’est contempler une multitude d’arbres.
Voir la forêt, c’est entrer dans une conscience du tout, une orchestration invisible où chaque arbre soutient les autres, où le vent, les oiseaux, la mousse, les champignons composent une symphonie de coopération.
C’est sentir que la forêt est une communauté de vie, un organisme unifié par des racines qui se parlent et s’entraident dans l’obscurité du sol.

Entre regarder et voir, il y a un passage : celui du mental au cœur, du savoir à la présence.
Le regard éclaire ; la vision relie.
Regarder demande de l’attention.
Voir demande de la résonance.

Et si nous apprenions à voir nos organisations, nos communautés, nos proches comme on voit une forêt, non plus comme des ensembles d’individus séparés, mais comme des écosystèmes vivants qui respirent ensemble ?

mercredi 15 octobre 2025

Regard sur l’accompagnement : Reconnaître un humain bienveillant

 

La bienveillance ne s’affiche pas, elle se perçoit.
Elle se devine dans le regard qui apaise plutôt qu’il ne juge,
dans la présence qui laisse respirer,
dans la parole qui n’envahit pas le silence.
Un humain bienveillant ne cherche pas à avoir raison :
il cherche à te rencontrer.
Sa bonté n’est pas un rôle, mais un état d’être,
une attention tranquille qui fait place à la vie de l’autre.

Question réflexive
Et toi, comment reconnais-tu la présence d’un humain véritablement bienveillant dans ta vie ?

mardi 14 octobre 2025

Pensée du matin : Sur la voie du pardon

Il y a des soirs où les cœurs se reconnaissent avant même de se connaître.

Où la présence devient langage, et le silence, un espace de vérité.
Hier, dans la ronde du pardon, j’ai vu s’allumer ces feux doux qui éclairent sans brûler, les feux de la présence, de l’écoute et de la bienveillance partagée.

Merci du cœur à toutes celles et ceux qui s’engagent sur la voie de l’animation des Cercles de Pardon, et qui ont participé à cette belle rencontre.
Votre ouverture, votre humilité et votre lumière tissent ensemble la trame d’un mouvement qui guérit en douceur : celui du cœur qui apprend à s’ouvrir, à aimer et à laisser circuler la vie.

Puissions-nous, aujourd’hui encore, marcher dans cet esprit d’unité,
là où le pardon devient offrande,
et la rencontre, un passage vers plus d’humanité.

dimanche 12 octobre 2025

La sagesse du vivant : mourir un peu pour mieux vivre


Chaque matin, la nature se réveille avec une sagesse silencieuse que l’on oublie souvent d’écouter.

L’arbre, lui, ne résiste pas au changement : il l’habite. Il accepte les saisons comme des maîtres. Il se dépouille, se vide, se laisse traverser. Et dans ce dépouillement, il se prépare à renaître.

L’arbre nous enseigne la métamorphose tranquille : mourir un peu pour mieux vivre, consentir à la perte pour retrouver la sève. Il porte dans son tronc les traces du temps, mais jamais comme des cicatrices à cacher, plutôt comme des témoignages de transformation, des lignes de vie inscrites dans la chair du bois.

Il ne s’attache ni à ses feuilles ni à ses formes passées. Il sait que la vie est passage, que la lumière revient toujours.
Dans nos existences aussi, il y a des hivers à traverser, des vents à accueillir, des racines à revisiter.
Et si, comme l’arbre, nous osions perdre ce qui n’est plus vivant en nous, pour laisser monter à nouveau la sève ?

Question du jour : Qu’as-tu besoin de laisser tomber aujourd’hui pour que la lumière revienne circuler en toi ?

samedi 11 octobre 2025

Là où les marches en forêt guident mon inspiration

 

Marcher en forêt, c’est écouter le monde respirer.
Chaque pas devient une prière silencieuse, un retour à l’essentiel.
Entre les racines et les rivières, je retrouve la trame du vivant : ce lien invisible qui relie les humains, les arbres et les institutions.

La forêt m’enseigne la patience du soin.
La rivière, la fluidité du lien.
Et l’Outaouais, cette terre de confluences, m’apprend à penser la vie comme un grand écosystème :
où l’intime, le communautaire et l’institutionnel s’équilibrent comme la source, le ruisseau et le fleuve.

Le soin, au fond, c’est apprendre à accompagner la vie, 
à la laisser circuler entre les rives du monde.

Ce matin, je marche lentement.
Le vent traverse les arbres, l’eau chuchote au détour du sentier.
Et je me dis : le monde guérit là où nous apprenons à écouter.

vendredi 10 octobre 2025

Quand tout me ressemble, je ne rencontre plus personne

 

Ce matin encore, mon téléphone s’est allumé avant même que j’ouvre les yeux.
Sans y penser, j’ai fait glisser mon doigt sur l’écran. Tout était déjà prêt pour moi : les nouvelles, la musique, les images que j’aime.
Tout semble facile, rapide, presque parfait.

Pendant que je bois mon café, je fais défiler les messages.
Personne ne me contredit.
Rien ne me dérange.
Tout me ressemble.

Et pourtant, quelque chose sonne creux.
Où sont passées les vraies conversations ?
Les visages imprévus ?
Les gens qui me font réfléchir autrement ?

Je repense à hier : un collègue m’a contrarié, une amie m’a dit quelque chose que je ne voulais pas entendre.
Sur le coup, j’étais fâché.
Mais aujourd’hui, je comprends que c’est dans ces moments-là que je me sens vraiment vivant.
L’autre me dérange parfois, mais il m’apprend à sortir de ma bulle.
La technologie, elle, me garde tranquille… mais seule.

En laissant les écrans décider à ma place, j’ai fabriqué un monde sur mesure, un monde confortable, mais étroit.
Un monde où tout me ressemble, et où je finis par ne plus voir que moi.

Alors j’éteins l’écran.
Je sors marcher.
Le vent me frappe le visage, une voiture passe, un inconnu me salue à peine.
Et pourtant, quelque chose bouge en moi.
Je retrouve la densité du réel.
Je retrouve le monde.

jeudi 9 octobre 2025

Les visages qui vivent en nous

 

« Nous sommes les porteurs des visages de ceux que nous avons aimés. » – Jean-Yves Leloup

Ce matin, je sens les visages de celles et ceux que j’ai aimés respirer en moi.
Leur regard traverse le mien, leur rire fait encore vibrer ma voix.
Leur manière de marcher, d’écouter, de tendre la main, tout cela vit dans mes gestes.
Je ne les transporte pas comme des souvenirs figés : je les fais vivre.

Chaque fois que j’agis avec bonté, l’un d’eux se remet en mouvement.
Chaque fois que je choisis la tendresse plutôt que la peur, je prolonge leur œuvre.
Je réalise que je ne marche jamais seul.
Ils marchent à travers moi, non pour me retenir, mais pour m’encourager à aller plus loin.

Être porteur de leurs visages, c’est laisser l’amour circuler :
celui que j’ai reçu, celui que je transmets.
C’est accepter que la vie continue à travers nous,
dans un geste, un mot, une présence.

Aujourd’hui, j’avance avec eux,
le cœur ouvert et le visage tourné vers la lumière.

mercredi 8 octobre 2025

Réflexion sur l'expertise, les protocole et l'humanisme

 

« Monsieur et madame l’expert et spécialiste, je comprends le protocole… maintenant, parlez-moi de votre humanité. »

Il y a des matins où le monde semble saturé de compétences, de protocoles et de savoirs bien rangés.
Des lieux où tout est structuré, mesuré, validé. Et pourtant, il manque souvent l’essentiel : la présence de l’humain derrière le rôle.

Je ne rejette pas le savoir... il m’éclaire.
Je ne rejette pas le protocole... il sécurise le chemin.
Mais je ressens le besoin d’entendre ce qui vibre derrière les mots appris, d’apercevoir ce qui tremble encore dans le regard de celui ou celle qui sait.

L’expertise n’a de sens que lorsqu’elle s’incline devant la vie.
C’est dans la fragilité, dans le doute, dans la reconnaissance de notre propre finitude que le savoir redevient vrai, qu’il cesse d’être domination pour redevenir don.

Je rêve de rencontres où l’on parle depuis le cœur, pas seulement depuis la fonction.
Où les spécialistes, les chercheurs, les dirigeants et moi aussi osons dire :

“Je ne sais pas tout, mais je suis ici, présent, avec toi.”

Car au fond, ce n’est pas la maîtrise qui relie, c’est la sincérité.
L’humanité partagée est la seule compétence qui traverse les siècles sans se démoder.


mardi 7 octobre 2025

Réflexion : Le réflexe du bouc émissaire


Quand la société traverse une période d’incertitude, les médias jouent souvent le rôle d’un miroir : ils reflètent nos peurs autant que nos espoirs. Mais ce miroir, parfois, déforme. Plutôt que de regarder la complexité des systèmes (le logement, la santé, l’éducation, la gouvernance) on cherche un visage à blâmer. Les personnes migrantes, les syndicats, les fonctionnaires deviennent alors des boucs émissaires commodes, concentrant nos frustrations collectives.

Ce glissement narratif simplifie l’analyse et soulage l’angoisse, mais il appauvrit le débat public. Il détourne notre regard du systémique vers le symbolique, du commun vers la division.

Or, comprendre, c’est toujours résister à la simplification.

Apprendre à voir au-delà du bouc émissaire, c’est réapprendre à écouter la complexité du réel, celle des causes entremêlées, des contextes, des voix qu’on n’entend plus. C’est là que la responsabilité journalistique retrouve sa mission : aider à penser, non à désigner.

Car une société mûre ne cherche pas un coupable à chaque crise : elle cherche un sens à reconstruire ensemble.

lundi 6 octobre 2025

De la bonté naïve à la bonté lucide

Il arrive un moment dans le parcours de tout accompagnant, de tout bâtisseur de communauté ou de sens, où quelque chose en soi se transforme silencieusement. Ce n’est pas une perte d’innocence, mais un passage vers une conscience plus fine du réel.

J’ai longtemps cru que la bonté suffisait à guérir le monde. Qu’en ouvrant les bras, en offrant le cœur, en disant oui à la rencontre, la vie allait répondre avec la même transparence. J’ai confondu ouverture et abandon, confiance et naïveté. J’ai cru qu’aimer était une protection en soi, alors qu’aimer, vraiment, demande aussi de savoir discerner.

La bonté naïve croit que tout le monde veut le bien. Elle sème sans regarder la terre, parle sans écouter le vent. Elle confond l’élan du cœur avec l’absence de vigilance.
Mais un jour, la vie enseigne autrement. On découvre que certaines mains se tendent pour prendre, non pour partager. Que certaines collaborations se font à la surface, pendant que d’autres forces, plus subtiles, cherchent à dévier le sens.

Alors naît la bonté lucide.
Elle n’est pas moins ouverte, mais plus enracinée.
Elle sait que le bien n’est pas un état naturel, mais un jardin à entretenir. Qu’il faut parfois dire non pour préserver la source, se retirer pour mieux écouter, ou poser des limites pour laisser l’amour rester vivant.

Cette bonté-là ne ferme pas les portes ; elle éclaire les seuils.
Elle invite à aimer sans se perdre, à donner sans se vider, à collaborer sans se dissoudre.
Elle devient un art spirituel, celui de demeurer dans le lien tout en gardant la clarté du centre.

Aimer avec discernement, c’est comprendre que la compassion a besoin de racines autant que d’ailes.
Collaborer avec conscience, c’est reconnaître que le monde est à la fois beau et rusé.
Et bâtir avec des racines profondes, c’est accepter que tout véritable travail de transformation commence par la solidité intérieure.

Je crois que ce passage, de la bonté naïve à la bonté lucide, est une initiation universelle.
C’est celle où la lumière cesse d’être une promesse abstraite pour devenir un feu intérieur, clair, calme, fidèle.
Un feu qu’on ne brandit pas, mais qu’on entretient au cœur du monde.

dimanche 5 octobre 2025

Réflexion matinale : Aimer le monde autrement


 Ce matin, je me surprends à regarder le monde avec moins d’impatience et plus de tendresse.

Il fut un temps où je voulais le comprendre, le transformer, le corriger.
Aujourd’hui, je veux simplement l’aimer.

Non pas d’un amour naïf, mais d’un amour conscient, celui qui voit les fractures sans juger, les chaos sans fuir.
Aimer le monde, c’est accepter d’en faire partie, avec nos ombres et nos lumières mêlées.
Ce n’est plus une mission à accomplir, mais une relation à habiter.

Je ne cherche plus à réformer les structures, mais à rallumer la chaleur dans les liens.
Parce que la vraie transformation ne vient pas des systèmes, mais des cœurs qui se souviennent d’aimer.

Le monde n’a pas besoin de perfection. Il a besoin de présence.

samedi 4 octobre 2025

Créer ou reproduire : l’intelligence émotionnelle comme art du vivant

Ce matin, alors que nous ouvrons ensemble le cours d’intelligence émotionnelle à l’Université Saint-Paul, une question se présente : allons-nous créer ou simplement reproduire?

Reproduire, c’est répéter des schémas appris : des manières d’écouter, de parler, de réagir qui nous rassurent mais nous enferment. Créer, c’est accueillir l’inattendu d’une émotion, le risque d’un silence, la surprise d’un mot dit autrement. C’est faire place à ce qui n’a jamais existé encore dans nos relations.

Dans ce cours, chaque rencontre, chaque moment de pratique, chaque cercle d’échange est une invitation à oser la création : non pas fabriquer quelque chose d’extraordinaire, mais donner à la relation la chance d’être neuve, vivante, résonante.

 

vendredi 3 octobre 2025

Vivre, ce n’est pas seulement s’adapter

 

On nous répète souvent qu’« il faut s’adapter ». Aux nouvelles technologies, aux réformes qui changent sans cesse, aux crises qui se succèdent. Comme si vivre consistait seulement à se plier encore et toujours.

Mais vous et moi savons bien que la vie n’est pas qu’une question de souplesse. Elle a aussi besoin d’enracinement, de fidélité à ce qui nous tient debout, et parfois même d’une douce résistance.

S’adapter à tout prix peut nous éloigner de ce qui nous rend uniques. Barbara Stiegler nous le rappelle : l’adaptation imposée n’est pas la même chose que la croissance vivante. Et je crois profondément que la vraie vitalité, à tout âge, c’est de laisser émerger notre manière singulière de répondre à la vie avec originalité, avec justesse, en restant fidèles à ce que nous portons de plus précieux.

Alors, ce matin, je vous invite à ne pas vous réduire à des êtres qui réagissent aux normes du jour. Choisissons ensemble la fidélité créatrice : rester ouverts sans nous perdre, avancer sans nous renier, inventer notre chemin pas à pas, dans la confiance que la vie nous guide encore.


jeudi 2 octobre 2025

Au fil des mots : l’histoire du « Bureau »

 

Quand je prononce mon nom de famille, Bureau, j’entends résonner une histoire ancienne, austère et pourtant féconde. Le mot plonge ses racines dans la bure, ce tissu de laine grossier, foulé et rugueux, dont on faisait autrefois les habits des moines. Portée par saint François d’Assise et ses frères, la robe de bure devint le signe visible d’un choix radical : celui de la pauvreté, de l’humilité et d’un renoncement aux biens matériels.

Mais la bure n’habillait pas seulement les corps : on l’utilisait aussi pour recouvrir les tables de travail, afin de protéger les parchemins et absorber l’encre. Le terme bureau désignait d’abord ce morceau de bure, puis la table elle-même, avant de glisser vers la pièce où l’on écrivait et décidait, et enfin vers l’administration qui s’y organisait.

Porter ce nom, c’est donc être dépositaire d’une mémoire : celle d’une étoffe modeste devenue symbole d’austérité et d’un meuble transformé en lieu de décision. De la bure des moines à l’institution moderne, le mot a suivi une trajectoire qui raconte à sa façon le passage du simple au complexe, de l’humble au structurant.

Derrière la rigidité apparente du bureau d’aujourd’hui, je retrouve la texture originelle de la bure : rude, résistante, mais profondément humaine. Elle me rappelle que toute organisation repose d’abord sur un geste simple : une table recouverte d’un tissu, un espace où l’on se rencontre pour écrire, compter, ou décider ensemble.

Et peut-être est-ce là, au cœur de mon nom, une invitation : garder vivante cette mémoire d’humilité pour transformer les lieux de gestion en lieux de lien.

mercredi 1 octobre 2025

Réflexion matinale – Jardiner le lien par l’écoute

 

Il y a des matins où je réalise à quel point l’écoute est une semence rare. Nous parlons beaucoup, nous expliquons, nous argumentons… mais écoutons-nous vraiment?

Écouter, ce n’est pas seulement entendre. C’est devenir un espace où l’autre peut respirer, déposer son histoire, sa fragilité, sa force. C’est un acte d’hospitalité intérieure. Quand je choisis d’écouter profondément, je prépare en moi un sol fertile : j’enlève les pierres du jugement, j’arrose d’un silence bienveillant, et j’attends, avec confiance, que quelque chose puisse germer.

Accompagner, c’est prolonger ce geste. Ce n’est pas conduire ni résoudre, mais marcher avec. Comme un jardinier qui protège une jeune pousse des vents trop forts, accompagner, c’est respecter le rythme de l’autre, croire en la vie qui travaille en secret, dans l’invisible.

En ce moment, je suis justement en réflexion pour la préparation de l’atelier « Écoute et accompagnement – Cultiver le dialogue génératif » que j’aurai la joie de co-animer dans le cadre du programme Dialogue réparateur de l’Université Saint-Paul. Cet atelier sera un espace pour explorer ensemble cette posture du jardinier relationnel, où l’écoute devient un acte de dignité, de soin et de résonance.

Alors, ce matin, je me demande :
quelles graines de relation ai-je envie de semer aujourd’hui par mon écoute?