samedi 10 janvier 2026

La posture juste dans l’entrée en semestre


Le début d’un semestre universitaire a toujours quelque chose d’un passage.

Les salles de classe s’ouvrent à nouveau, les cercles se forment, les attentes prennent place. Le semestre d’hiver, avec son rythme plus lent et sa lumière plus douce, invite à entrer autrement dans l’apprentissage. Non pas dans la précipitation, mais dans une qualité de présence.

Dans mes cours à l’Université Saint Paul, je reviens souvent à ce que je nomme la triade de la posture juste. Le consentement, le discernement et l’engagement. Il ne s’agit pas d’une méthode ni d’un cadre moral, mais d’une manière d’habiter le lien pédagogique et, plus largement, le lien humain.

Le consentement est le point de départ. Consentir ne veut pas dire se résigner ni renoncer à transformer. Il s’agit plutôt de reconnaître ce qui est là. Le rythme du groupe. La fatigue parfois accumulée. Les parcours différents. Les questions ouvertes. Sans ce consentement au réel, l’apprentissage devient une tension constante entre ce que l’on voudrait et ce qui est possible.

Le discernement permet ensuite de distinguer sans séparer. Distinguer ce qui m’appartient de ce qui relève du collectif. Ce qui peut être travaillé maintenant et ce qui demande du temps. Ce qui appelle une parole et ce qui demande plutôt de l’écoute. En contexte universitaire, le discernement n’est pas seulement une compétence intellectuelle. C’est une qualité relationnelle qui soutient la justesse des échanges.

L’engagement, enfin, n’est pas une performance. Il ne s’agit ni de se surinvestir ni de se protéger excessivement. L’engagement juste est ajusté. Il prend la forme d’une présence réelle, d’une participation sincère, d’un respect de ses propres limites et de celles des autres. Dans une salle de classe, cela peut vouloir dire oser prendre la parole sans chercher à briller, ou contribuer au climat du groupe sans porter ce qui ne nous appartient pas.

Cette triade traverse mon enseignement parce qu’elle dépasse largement le cadre académique. Elle concerne la manière dont nous apprenons, dont nous accompagnons, dont nous exerçons notre responsabilité comme étudiants, professeurs et citoyens.

Au début de ce semestre d’hiver, je nous souhaite collectivement d’habiter cette posture juste. Non pas pour devenir meilleurs, mais pour devenir plus présents. Plus lucides. Plus engagés de manière humaine.

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