jeudi 8 janvier 2026

L’espoir qui ne promet rien, mais qui tient compagnie


Je me rends compte à quel point nous demandons souvent à l’espoir plus qu’il ne peut donner.

Nous lui demandons d’éclairer l’avenir, de rassurer, de garantir que tout ira bien. Et lorsque l’avenir demeure flou, lorsque les chemins se dérobent, nous en venons parfois à croire que l’espoir nous a quittés.

Et si ce n’était pas le cas.

À force de travailler en accompagnement, j’apprends lentement ceci : l’espoir n’est pas toujours une lumière au bout du tunnel. Parfois, il est simplement ce qui nous permet de rester là, encore un moment, sans fuir. Il ne promet rien. Il ne résout pas. Il ne rassure pas. Il tient compagnie.

Je pense aux personnes que j’accompagne étudiants, proches aidants, collègues, amis qui traversent des zones où il n’y a ni plan clair ni solution rapide. Ce que je vois alors, ce n’est pas un manque d’espoir, mais un profond besoin de relation. Un besoin d’être écouté sans être pressé. Reconnu sans être corrigé. Accueilli sans qu’on exige d’aller mieux.

Dans ces moments, l’espoir ne naît pas d’un discours inspirant. Il émerge, doucement, quand quelqu’un reste présent sans savoir quoi dire. Quand le silence n’est pas une fuite. Quand l’incertitude n’est pas vécue comme un échec.

Je crois de plus en plus que l’espoir est une expérience relationnelle. Il apparaît entre nous, dans la qualité de la présence, dans cette manière de marcher ensemble sans carte, sans promesse, mais sans abandon. Il ne dit pas : « ça va aller ». Il murmure plutôt : « tu n’es pas seul ».

Peut-être que, dans nos vies pressées et performantes, la forme la plus humble et la plus précieuse de l’espoir est simplement cela : continuer à être en relation, même quand le chemin reste incertain.

Ce matin, je choisis de ne pas demander à l’espoir de me rassurer.
Je lui demande seulement de m’aider à rester présent.

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