vendredi 13 février 2026

Passer de l’intervention à la présence


Nous avons appris à intervenir vite. Quelqu’un va mal, on cherche une solution. Un collègue est en difficulté, on donne un conseil. Un proche hésite, on lui dit quoi faire. Cette logique part souvent d’une bonne intention, mais elle crée une distance : je sais mieux que toi. Intervenir, c’est agir sur l’autre. Accompagner, c’est autre chose. C’est accepter de ralentir, d’écouter, de se rendre disponible. Comme quand un ami te raconte une peine et que, au lieu de répondre tout de suite, tu restes silencieux quelques secondes. Ce silence n’est pas vide : il permet à quelque chose d’important d’émerger.

Accompagner le mouvement du vivre, c’est reconnaître que la vie n’est pas un problème à réparer. C’est un processus en cours. Pense à un enfant qui apprend à marcher. On ne lui explique pas comment faire étape par étape. On se place près de lui, on sécurise l’espace, on l’encourage, et on le laisse essayer. L’accompagnant·e fait la même chose avec la vie. Il ou elle ne demande pas d’abord : Qu’est-ce que je dois faire maintenant ? Il ou elle demande : Qu’est-ce qui est déjà en train de se passer ? Cette question change tout. Elle nous aide à passer du contrôle à la présence, de la solution rapide à l’accompagnement juste. Et souvent, c’est là que la vie reprend son souffle.

Aucun commentaire: