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mercredi 29 juillet 2009

Le court long chemin

Un explorateur blanc, pressé d'atteindre sa destination au cœur de l'Afrique, promit une prime à ses porteurs indigènes s'ils acceptaient d'accélérer l'allure. Pendant plusieurs jours, les porteurs pressèrent le pas.

Un après-midi, pourtant, ils refusèrent de continuer, s'assirent tous par terre et posèrent leur fardeau. On aurait pu leur offrir encore davantage d'argent, ils n'auraient pas bougé. Lorsque l'explorateur leur demande la raison de ce comportement, voici la réponse qu'il obtient:

"Nous avons marché si vite que nous ne savons plus ce que nous faisons. Maintenant, nous devons attendre que nos âmes nous rejoignent."

Source: Maktub, Paulo Coelho
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mercredi 1 avril 2009

Le sens de la marche

La vie se caractérise par le mouvement. Sans mouvement, la vie n'est que léthargie, voire régression. En ce domaine, la stagnation est mortelle.

La vie pourrait se comparer à des voyageurs partis un bon matin vers une destination inconnue. Certains sont conscients qu'ils marchent vers l'accomplissement de leur destin ; d'autres marchent sans se poser de questions. Les premiers s'interrogent : la vie es-elle un chemin ou une impasse ? La marche ressemble alors à un pari sur le destin. Rien n'est défini, rien n'est clair, rien n'est stable.

Mais il faut comprendre la sagesse de la marche. Celle-ci interpelle : « Marche, tu es né pour la route. Marche même si ta tête ne sait pas où tes pieds conduisent ton cœur. Marche, même si tu ne laisses pas de traces. » Comme le marcheur dans le sable du désert dont les pas sont effacées par le vent. Pas de traces derrière soi, pas de chemin tracé devant. Une marche où chaque pas est à inventer. « L'important dit le proverbe tibétain, est de marcher selon la longueur de ses pas. » Souvent dans la vie, l'essentiel n'est pas de comprendre mais d'avancer. Teilhard de Chardin a fait cette réflexion étonnante : « Il n'est pas essentiel que nous comprenions absolument, distinctement notre vie pour qu'elle soit belle et réussie. » Cela signifie qu'il faut parfois avancer sans tout savoir. Se rappeler alors que l'essentiel ne se voit pas, il est « invisible pour les yeux ». Aussi faut-il marcher, même si le sens de la marche nous échappe.

Source : Jean-Paul Simard, Pèlerinage aux sources de la vie

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Prochain atelier

mardi 6 janvier 2009

La leçon de l'eau

L'eau stagnante pourrit. L'eau qui coule se purifie dans son mouvement, dans sa marche. Elle se fraye un chemin, contournant les obstacles qui parsèment sa route. Elle obéit sans se plaindre aux pierres, aux rochers, et s'adapte aux divers profils des terrains. Au lieu de s'attaquer à eux, elle les contourne. Elle sait d'instinct qu'ils sont plus forts qu'elle. De cette façon, elle ne s'use pas ; elle glisse inexorablement entre les obstacles et court vers son destin, le fleuve, la mer, dont elle acquiert la force. En cela réside la leçon de l'eau. Cette eau qui contourne les rochers et les accidents terrestres n'est-ce pas à l'image de notre vie de voyageurs sur terre, côtoyant les obstacles et les affrontant de toutes sortes pour arriver à la Terre promise, lieu de notre destinée ?

Source :Jean-Paul Simard, Pèlerinage aux sources de la vie
Photo : www.sxc.hu/photo/1118338