Accompagner en lien avec la vie. Professeur, chercheur et praticien à l’Université Saint-Paul, j’explore les conditions qui permettent aux personnes, aux groupes et aux communautés de traverser les changements, de créer du sens et de s’épanouir. Ce blogue est un carnet de recherche et d’expérience autour de l’écoute, du vieillissement, de la proche aidance, de la vie relationnelle et de l’humanisation des organisations..
vendredi 6 juin 2025
jeudi 5 juin 2025
Le monde commence là où je me rencontre
Chaque matin est une porte entrouverte vers une possibilité nouvelle. Ce que nous transformons à l’intérieur , une peur accueillie, une intention posée, une blessure apaisée, un souffle conscient devient un levier subtil qui agit, sans bruit, sur notre réalité extérieure.
Ainsi, ce n’est pas seulement le monde qui nous façonne, c’est aussi notre monde intérieur qui sculpte nos rencontres, notre façon d’aimer, d’écouter, d’habiter le quotidien. Lorsque je me donne la permission de changer, même doucement, je change la qualité de ma présence et cette présence transforme mes liens, ma journée, mon environnement.
Ce matin, que puis-je laisser se métamorphoser en moi pour que ma manière d’être devienne semence de paix, d’authenticité ou de courage dans ce que j’aurai à vivre?
mercredi 4 juin 2025
Cinquième jour : Approfondir la présence, habiter la traversée
En cette cinquième journée d’exploration des dimensions spirituelles de l’accompagnement de groupe, une parole silencieuse nous habite : accompagner, ce n’est pas simplement guider un processus, c’est habiter un monde. C’est entrer dans une relation vivante avec l’humain, le plus-que-humain, le mystère et le mouvement.
Nous vivons une époque marquée par des fractures personnelles, sociales et spirituelles. Le 21e siècle nous bouscule. Il nous convoque à sortir du mode « gestion », du mode « intervention », pour entrer dans une posture de présence radicale. Une présence qui ne cherche pas à résoudre, mais à accueillir. Une présence qui reconnaît le sacré dans le désordre, la beauté dans les marges, la reliance dans le silence.
La spiritualité que nous explorons ici n’est pas en surplomb. Elle est enracinée. Elle circule dans les cercles, dans la respiration du groupe, dans les regards qui se posent et les silences qui soutiennent. Elle s’incarne dans notre façon d’être ensemble, d’écouter sans vouloir corriger, d’accompagner sans diriger.
L’écospiritualité, elle, nous rappelle que chaque accompagnement est aussi une conversation avec la Terre. Que chaque groupe est un microcosme du vivant. Que nos blessures psychiques sont souvent les reflets de blessures systémiques, sociales, écologiques. C’est pourquoi nous parlons d’un accompagnement écopsychosocial : une démarche qui relie le cœur, le corps, la communauté et la planète.
Aujourd’hui, nous ne cherchons pas à maîtriser des outils. Nous cultivons une éthique du lien. Une hospitalité intérieure. Une capacité à nous tenir debout, dans la tempête comme dans la lumière, au service de ce qui cherche à naître.
Et si accompagner, au fond, c’était cela : s’incliner devant le vivant, et ouvrir un espace pour que la vie en soi, en l’autre, en le monde puisse respirer?




