dimanche 11 janvier 2026

Après le rêve

 

Après cinq années de lectures, de dialogues, de questions et de recherches doctorales, je reconnais être entré dans une nouvelle phase. Je la nomme simplement : l’Après rêve.

Le rêve a été important. Il m’a donné l’élan pour explorer l’accompagnement, la proche aidance, le care, la posture, la dignité et la relation humaine. Il m’a permis de rencontrer des alliés, visibles ou discrets, et de cohabiter avec eux un édifice interdisciplinaire fait de philosophie, de psychologie, de développement communautaire, de spiritualité et de critique sociale. Ce rêve n’était pas une illusion. Il était un point de départ.

Aujourd’hui, quelque chose change.

Je ne suis plus dans l’enthousiasme du début, ni dans le doute. Je suis dans un temps plus calme, plus intérieur. Le rêve ne dirige plus mes pas, mais il demeure présent, comme une mémoire silencieuse. Il n’a pas disparu. Il a fait son travail.

L’Après rêve, ce n’est pas renoncer. C’est consentir. Consentir à travailler sans chercher à briller. Consentir à écrire sans vouloir convaincre. Consentir à accompagner sans promettre de transformation. C’est peut-être là que commence une posture plus juste.

Dans cette phase, la recherche devient une responsabilité. Une responsabilité envers les personnes proches aidantes, les accompagnants, les communautés et les institutions. Une responsabilité aussi envers le savoir, pour qu’il reste humain, habitable et honnête.

Je poursuis donc le chemin, autrement. Plus lentement. Avec moins d’illusions, mais avec plus de fidélité. Je fais confiance au fait que d’autres continueront là où je m’arrêterai, comme moi-même j’ai poursuivi là où d’autres se sont arrêtés.

L’édifice est commun. Il n’a pas besoin d’être terminé pour être habité.

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