Ce matin, je réfléchis à tout ce qui guide silencieusement notre manière d’agir. Dans nos organisations comme dans notre vie quotidienne, nous prenons rarement des décisions sans cadre de référence. Nous portons déjà une certaine conception de la personne, de l’aide, de la communauté, du leadership et du changement, même lorsque nous ne l’avons jamais mise en mots. Une activité peut ainsi être considérée comme réussie parce qu’elle a rejoint beaucoup de monde, tandis qu’une autre le sera parce qu’elle a permis à quelques personnes de se reconnaître, de créer des liens et de retrouver une capacité d’agir ensemble. Ces différences ne relèvent pas seulement des méthodes choisies : elles révèlent ce que nous croyons important.
Prendre conscience de notre cadre de pratique ne consiste donc pas à remplacer l’expérience par la théorie. Il s’agit plutôt d’entrer en dialogue avec notre propre manière d’accompagner : qu’est-ce que je cherche réellement à faire advenir? Quelle place est laissée à la parole, au savoir et à l’initiative des personnes? Que produit ma façon d’agir dans les relations et dans le milieu? La pratique réflexive commence peut-être au moment où nous cessons de demander seulement si notre intervention a fonctionné, pour examiner aussi la vision du monde qu’elle met en œuvre. C’est alors que l’expérience, les savoirs des communautés et les connaissances théoriques peuvent s’éclairer mutuellement.

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