Aujourd’hui, notre groupe de soutien au deuil se réunit à un moment particulier de l’année : alors que l’été cède doucement sa place à l’automne. La nature nous rappelle que les transitions ne se produisent pas toujours d’un seul coup. Certaines fleurs sont encore présentes tandis que les premières feuilles changent de couleur; la chaleur du jour peut côtoyer la fraîcheur du soir. Il peut en être ainsi du deuil. Plusieurs réalités peuvent coexister : l’absence et la présence intérieure de l’être aimé, la tristesse et un éclat de rire, le désir de retenir et la nécessité de continuer, une journée plus légère suivie d’une autre beaucoup plus difficile. Il n’y a pas de saison prescrite pour le deuil, ni de calendrier indiquant où nous devrions en être.
C’est dans cet esprit que nous nous retrouvons aujourd’hui, non pas pour participer à un atelier où quelque chose doit être appris ou accompli, mais pour former un cercle de soutien. Un espace pour parler si nous le souhaitons, écouter, nous souvenir, parfois rester silencieux et surtout découvrir que ce qui est lourd n’a pas toujours à être porté seul. La question qui nous accompagne est toute simple : qu’est-ce qui change dans ma vie, qu’est-ce qui me manque et qu’est-ce que je continue de porter avec moi alors qu’une nouvelle saison commence? Nous n’avons pas à trouver une réponse définitive. Comme dans la nature, certaines transformations demandent du temps et peuvent longtemps faire coexister ce qui demeure et ce qui devient.

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