Du 13 au 16 octobre, l'Université Saint-Paul, à Ottawa, accueillera la conférence Confiance et dialogue dans l'Église catholique : une relecture des rapports de pouvoir et des relations. Le jeudi 15 octobre, j'aurai le plaisir d'y présenter, avec ma collègue Monique Washnuk, notre étude intitulée De la fracture à la coresponsabilité : étude de cas d'un processus synodal de reconstruction de la confiance en contexte diocésain. Notre réflexion part d'une question qui dépasse largement le milieu ecclésial : que peut apprendre une institution lorsqu'un conflit révèle des tensions dans ses relations, ses pratiques d'autorité et ses façons de communiquer? Plutôt que de considérer la fracture uniquement comme un problème à résoudre, nous explorons comment elle peut devenir une occasion de reconnaître les vulnérabilités, de questionner les pratiques établies et d'ouvrir de nouvelles possibilités d'apprentissage collectif.
Notre étude nous conduit à proposer l'idée d'un processus synodal « structuré et habité ». Structuré, parce que la confiance a besoin de responsabilités claires, de mécanismes de protection et de pratiques institutionnelles cohérentes. Habité, parce qu'aucune politique, aucune formation et aucune structure ne peuvent remplacer la qualité de la présence, de l'écoute et des relations humaines. La coresponsabilité ne signifie ni que tout le monde exerce la même autorité ni que les désaccords disparaissent. Elle nous invite plutôt à reconnaître nos interdépendances et à contribuer ensemble, dans la diversité de nos rôles, à une mission partagée. Nous ne prétendons pas que la confiance se reconstruit automatiquement après une fracture. Mais nous croyons qu'une institution peut apprendre à devenir plus digne de confiance lorsqu'elle accepte d'entendre ce que ses difficultés révèlent et de se laisser transformer par ce qu'elle apprend.

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