samedi 5 avril 2025

Le pin et le bouleau — une histoire de passage


Il était une fois, dans une forêt où le vent savait parler, un vieux pin blanc et un jeune bouleau qui vivaient côte à côte depuis de nombreuses saisons.

Le pin, grand et calme, portait dans ses cernes les mémoires de ceux et celles qui étaient venus chercher repos sous ses branches. Il avait vu les générations passer, les enfants devenir aînés, les souffrances devenir prières. Il se tenait droit, enraciné profondément dans la Terre, gardien silencieux du temps.

Le bouleau, lui, frémissait à chaque souffle du matin. Sa peau blanche se fendillait par endroits, comme pour mieux laisser entrer la lumière. Il n’avait pas la sagesse du pin, mais il possédait une curiosité lumineuse et une sensibilité vive aux blessures invisibles. Il écoutait les pleurs de ceux qui passaient sans qu’ils n’osent parler. Il savait reconnaître les cœurs en mue.

Un jour, une vieille femme s’arrêta entre eux. Elle marchait lentement, avec dans les yeux un monde entier de départs et de renaissances. Elle posa ses mains sur le pin, puis sur le bouleau.

Elle dit :

« Tu es le souvenir, pin. Et toi, bouleau, tu es le passage. Ensemble, vous êtes le chemin que j’emprunte pour apprendre à vieillir. Pas à me diminuer, mais à devenir plus légère. Pas à disparaître, mais à me transformer en présence. »

Le pin hocha ses branches avec gravité. Le bouleau laissa tomber une feuille comme une offrande.

Ce soir-là, le vent souffla un peu plus fort, comme pour raconter l’histoire aux étoiles. Et dans la clairière, là où la femme s’était arrêtée, poussa un cercle de mousse douce, lieu de repos pour ceux qui cherchent à se souvenir, et pour ceux qui osent se transformer.

 

 Et depuis ce jour…

Le pin enseigne à se tenir debout dans la durée.

Le bouleau enseigne à se laisser traverser.

Et ceux qui marchent entre les deux…

trouvent un Centre.

Non pas un lieu fixe, mais un lieu vivant.

Un lieu de passage et de présence,

où l’on apprend, un geste à la fois,

à vieillir en communauté,

et à accompagner avec cœur.


Un Centre en devenir à l'Université Saint-Paul : Centre de recherche et d’accompagnement communautaire sur le vieillissement et la longévité

vendredi 4 avril 2025

La confiance comme terre d’émergence


Certains désirs vibrent en nous comme des étoiles discrètes.

Des élans profonds, parfois anciens, parfois encore à peine nommés.
Et pourtant, ces désirs, lorsqu’ils sont vrais, ont besoin de plus qu’un plan ou qu’un effort.
Ils ont besoin d’une terre intérieure où germer.

Cette terre, c’est la confiance.

Pas une confiance naïve qui promet que tout ira bien.
Mais une confiance plus vaste, plus tranquille, celle qui permet de dire :

Je peux avancer, même sans tout comprendre.
Je peux créer, même si le doute est là.
Je peux me montrer, même si je ne suis pas parfaite.

La confiance ne garantit pas le résultat,
mais elle ouvre l’espace du possible,
elle apaise l’attente,
elle donne l’élan pour commencer.

Sans confiance, nos désirs se figent, étouffés par la peur ou l’exigence.
Avec confiance, même le plus petit geste devient un acte d’alignement.

Invitation du jour

Qu’est-ce que je désire vraiment ?
Et suis-je prêt·e à lui faire confiance,
comme on fait confiance à une graine pour germer en son temps ?

jeudi 3 avril 2025

Réflexion matinale – Le pardon, un passage de l’esprit au cœur

 


Il existe des pardons que l’on accorde avec la tête, par principe, par devoir moral ou dans l’espoir de tourner la page.
Ces pardons, bien qu’intentionnés, demeurent souvent en surface. Ils soulagent momentanément, mais ne touchent pas encore les profondeurs de l’être.

Et puis, il y a un autre pardon. Celui qui descend lentement, comme une pluie fine sur une terre durcie par la douleur.
Ce pardon-là ne se décide pas. Il se révèle, il advient. Il nous transforme doucement, parfois à notre insu. Il nous travaille en silence.

Le pardon cognitif est une porte que l’on choisit d’ouvrir.
Le pardon intégré est un chemin intérieur, que l’on parcourt pas à pas… parfois en résistant, parfois à genoux, souvent avec tendresse et courage.

Ce pardon-là n’est pas un effacement. Il ne nie pas la blessure.
Il l’honore, sans s’y attacher. Il libère, non pour excuser, mais pour se délier du lien douloureux avec le passé.

 Invitation du matin

Ce matin, je m’offre un espace de silence pour me demander, avec douceur :

Y a-t-il en moi un pardon qui attend encore d’être pleinement senti, vécu, incarné ?
Non pas pour bien paraître…
Mais pour vivre plus vrai.

mercredi 2 avril 2025

Le pardon à l'émission Imparfaite de Julie Bélanger

Merci du fond du cœur à toutes celles et ceux qui ont regardé l’émission Imparfaite diffusée hier soir sur TVA, consacrée au thème du Pardon.


J’ai eu le privilège d’y participer aux côtés de Julie Bélanger, dans le cadre d’un Cercle de Pardon que j’ai coanimé avec mes collègues. Julie y a pris part avec authenticité et sensibilité, dans un esprit d’ouverture et de présence. Ce fut un moment profondément humain, où chacun a pu ressentir que le pardon n’est ni un oubli, ni une justification, mais un chemin vers la liberté intérieure.


Les Cercles de Pardon, proposés par l’Association Pardon International, offrent un espace confidentiel et bienveillant pour déposer ce qui pèse, pacifier les blessures du cœur, et renouer avec la paix en soi.
Ils ne demandent ni confrontation, ni récit détaillé : seulement une intention sincère d’ouvrir un espace intérieur de guérison.


En tant que formateur d’animatrices et d’animateurs de Cercles de Pardon, et membre de la Commission Éducation de l’Association Pardon International, je suis profondément heureux de contribuer à faire rayonner cette démarche douce, accessible et profondément transformatrice.


Si l’émission vous a touché·e, ou si cette approche vous appelle, je vous invite à venir vivre l’expérience d’un Cercle.

Parfois, un simple geste symbolique ou un moment de silence partagé peut éveiller en nous un nouvel espace de liberté.


 

mardi 1 avril 2025

La réponse est dans ce que je suis

Je n’ai pas à chercher plus loin.

Ni dans les promesses de demain,
ni dans les regards extérieurs,
ni dans les résultats que j’espère.

La réponse est déjà là.
Non pas comme une idée à comprendre,
mais comme une présence à retrouver.

Chaque fois que je me perds dans l’attente,
je m’éloigne du seul endroit où je suis entier.

Il n’y a rien à attendre.
Rien à forcer.
Rien à gagner.

Il y a seulement à me souvenir de moi-même,
dans cet espace vivant où je n’ai plus besoin de devenir.

Ce que je croyais chercher
m’habite déjà.

Et ce que j’appelle silence
me parle.