dimanche 4 janvier 2026

Quand quelque chose va mal : blâmer, encadrer ou chercher du sens ensemble

 

Quand quelque chose va mal, prends un instant pour observer ce qui se met spontanément en mouvement autour de toi, dans ton équipe, ton organisation, ta communauté ou ta famille. Cherche-t-on d’abord un coupable, comme si nommer une faute suffisait à réparer le lien? Cherche-t-on une procédure, rassurante, technique, parfois nécessaire, mais souvent incapable de toucher ce qui fait réellement mal? Ou ose-t-on ralentir pour chercher un sens à reconstruire ensemble, en acceptant que la situation nous interroge tous, pas seulement celui ou celle qui a fauté? Cette question est un révélateur puissant. Elle dit comment nous concevons l’humain. Elle révèle si nous fonctionnons par peur, par contrôle ou par confiance. Là où l’on cherche un coupable, le mépris rôde. Là où l’on applique une procédure, le respect fait son travail minimal. Mais là où l’on cherche du sens ensemble, quelque chose de plus rare apparaît: la reconnaissance. Et c’est souvent à cet endroit précis que le lien se répare, que la responsabilité devient partagée, et que la joie, discrète mais tenace, peut recommencer à circuler.

samedi 3 janvier 2026

En attendant la pleine lune du loup

 

La nuit est déjà là, mais la lune n’est pas encore pleine.
Elle monte lentement dans le ciel, comme si elle prenait son temps.

Au bord d’une clairière, un loup s’arrête.

Il ne court pas. Il ne fait pas de bruit. Il est simplement là. Ses pattes touchent la terre froide. Son souffle est calme. Il écoute. Le loup n’a pas peur du silence. Il sait que le silence permet d’entendre ce qui est important.

Les humains, eux, ont souvent du mal avec le silence. Dès qu’il n’y a plus de bruit, ils prennent leur téléphone, parlent ou s’occupent. Ils évitent de rester seuls avec leurs pensées. Le loup fait l’inverse. Il reste. Il laisse ses pensées passer sans les suivre. Il écoute ce qui se passe autour et en lui.

La forêt est vivante. Une branche craque. Le vent souffle doucement. Tout semble calme, mais tout est en mouvement. Le loup ne cherche pas à contrôler la forêt. Il se rend attentif. Quand on prend le temps d’écouter, le monde répond autrement.

À un moment, le loup s’assoit. Ce n’est pas parce qu’il est fatigué, mais parce qu’il attend. Il sait que certaines décisions ont besoin de temps. Il y a des moments où il vaut mieux ne pas agir tout de suite, mais sentir ce qui est juste.

La meute n’est pas loin. Même seul, le loup fait partie d’un groupe. Sa solitude n’est pas une fuite. Elle l’aide à être prêt à rejoindre les autres sans colère, sans peur, sans confusion.

La lune devient plus brillante. Le loup lève la tête. Il n’hurle pas encore. Il attend que le bon moment arrive.

En attendant la pleine lune, le loup nous rappelle une chose simple :
prendre le temps de se taire pour mieux comprendre,
apprendre à être seul pour mieux être avec les autres,
et accepter l’attente pour faire des choix plus justes.

vendredi 2 janvier 2026

Entre science et spiritualité : apprendre à marcher avec ce que l’on comprend

 

Question
Marquis, toi qui œuvres dans un milieu scientifique, comment expliques-tu ton lien avec la dimension spirituelle?

Réponse
La science m’aide à voir clair. Elle m’aide à comprendre le monde, les relations humaines, les systèmes et leurs effets. Elle éclaire ce qui est vrai, mesurable, observable. Mais la science ne me dit pas comment vivre avec ce que je vois. Elle ne me dit pas comment rester humain devant la souffrance, l’injustice ou la complexité qu’elle met en lumière.

C’est là que la dimension spirituelle prend place. Elle se déploie dans l’espace entre la lucidité et l’engagement. Un espace où l’on choisit comment répondre à ce que l’on sait, comment agir avec responsabilité, comment rester fidèle au vivant. La science éclaire le chemin, mais c’est la spiritualité qui nous apprend à marcher, pas à pas, avec conscience et respect.

J’ai dit oui à enseigner à l’Université Saint-Paul parce qu’on m’y offrait la possibilité d’explorer la dimension spirituelle du leadership en accompagnement de groupe. Ce oui a ouvert un chemin que je n’avais pas entièrement prévu. Il m’a conduit vers des cours sur l’écoute, sur l’intelligence émotionnelle, sur la présence et la relation. Autrement dit, vers des manières d’apprendre non seulement à comprendre, mais aussi à accompagner et à prendre soin.

Pour moi, science et spiritualité ne s’opposent pas. Elles se complètent. La science nous aide à voir juste. La spiritualité nous aide à vivre juste.

jeudi 1 janvier 2026

Marcher avec le lien, le sens et la joie

 

En ce premier janvier 2026, le monde ne s’est pas arrêté pour moi. La neige est tombée comme d’habitude, le jour s’est levé tranquillement, et pourtant quelque chose est neuf. J’ai l’impression d’entrer dans l’année avec trois compagnons discrets : le lien, le sens et la joie.

Le lien, c’est le fil invisible qui me relie aux autres. Je le sens quand une parole apaise, quand un silence respecte, quand une présence suffit. Le sens, lui, n’est pas un plan bien organisé. Il ressemble plutôt à une trace dans la neige : on la suit pas à pas, sans toujours savoir où elle mène, mais en sentant qu’elle va quelque part de juste. Et la joie n’est pas une explosion. C’est une petite chaleur intérieure, celle qui me dit que je suis encore vivant dans ce que je fais.

Pour 2026, je ne cherche pas à courir plus vite ni à faire mieux que les autres. Je choisis d’avancer attentivement, en prenant soin du lien, en laissant le sens se révéler, et en reconnaissant la joie quand elle se présente. C’est ma façon simple d’entrer dans l’année.

mercredi 31 décembre 2025

Merci, 2025.

Merci pour les chemins parcourus sans hâte, pour les rivières longées plutôt que traversées à la force des bras, pour les silences qui ont enseigné plus que les mots.

Merci pour l’apprentissage du pas juste, celui qui n’épuise pas, celui qui laisse le paysage venir à soi, comme un sens qui attend qu’on ralentisse pour se montrer.

Merci pour les feux entretenus avec patience, pour les embarcations laissées au rivage quand il fallait d’abord écouter le courant, pour la confiance retrouvée dans la sagesse du vivant.

Tu m’as appris que marcher lentement n’est pas reculer, mais consentir. Consentir à la durée, à la maturité, à ce qui se transmet sans bruit.

Je te remercie pour ce visage apaisé que tu laisses en héritage,
et pour la certitude tranquille que le chemin continue,
autrement.

Marquis