Dans ce temps-là, on découvre que le manque n’est pas toujours un ennemi. Il peut devenir un guide. En ralentissant, des questions longtemps mises de côté refont surface. En acceptant le silence, une autre parole se laisse entendre. Le Carême nous rappelle que la vie n’est pas seulement faite pour être remplie, mais pour être vécue avec attention. Dans une société qui va vite et qui évite l’inconfort, ce temps propose de s’arrêter ensemble, non pour aller mieux immédiatement, mais pour redevenir plus présents. Comme dans les récits anciens, c’est souvent dans le désert, ce lieu froid et dépouillé, que l’on retrouve le fil de ce qui nous relie aux autres, à la terre et à soi-même.
Accompagner en lien avec la vie. Professeur et chercheur à l’Université Saint-Paul, j’explore l’accompagnement communautaire écosystémique et intégratif autour de la proche aidance, de l’écoute et de la vitalité relationnelle. Ce blogue est un espace de réflexions et d’expériences pour nourrir une manière d’accompagner plus humaine, reliée et incarnée.
mercredi 18 février 2026
Tenir debout dans le dépouillement
Là où je vis, le Carême n’est plus annoncé par les cloches, mais par une fatigue diffuse que les gens portent sans toujours savoir d’où elle vient. Les maisons sont pleines, les écrans allumés, les horaires chargés, et pourtant quelque chose se resserre à l’intérieur. Alors revient ce temps ancien, discret, qui n’impose rien. Il ne presse pas. Il invite. Il suggère d’éteindre une lumière, de manger un peu moins, de ralentir un peu plus. Certains pensent encore que le Carême parle de privation. Moi, je le vois plutôt comme ce moment où, en plein hiver, on dégage un sentier recouvert de neige pour pouvoir avancer sans glisser.
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