En cette journée de l’Action de grâces, je prends conscience que la gratitude ne naît pas seulement de ce que nous recevons, mais aussi de notre capacité à reconnaître ce qui est déjà là. La méditation Zen m’a doucement appris à ralentir, à habiter le silence et à regarder la vie sans toujours chercher à la comprendre ou à la changer. À laisser passer les nuages sans vouloir retenir le ciel. Avec les années, je découvre que les moments les plus précieux sont parfois les plus simples : une présence, un sourire, une rencontre inattendue, un instant de beauté. Il n’est pas nécessaire que tout soit parfait pour éprouver de la reconnaissance. Parfois, il suffit de s’arrêter assez longtemps pour laisser la vie nous toucher.
L’Action de grâces m’invite aussi à reconnaître tout ce qui, dans mon existence, ne dépend pas uniquement de moi. Les personnes qui ont croisé mon chemin, celles qui m’accompagnent encore, les expériences qui m’ont transformé, et même les imprévus qui m’ont conduit ailleurs que là où je pensais aller. Dans mon travail comme dans ma vie personnelle, j’apprends peu à peu à moins vouloir maîtriser et à davantage faire confiance à ce qui peut émerger. Remercier, c’est peut-être aussi cela : accueillir ce qui vient, reconnaître ce qui passe et laisser partir ce qui ne nous appartient pas. En ce jour d’automne, je ressens surtout de la gratitude pour cette vie qui continue de me surprendre, pour les liens qui me portent et pour tout ce qu’il me reste à découvrir.

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