samedi 15 février 2025

Entre bienveillance et complaisance: cultiver un espace relationnel à la fois courageux et audacieux

 

Il existe une frontière subtile entre bienveillance et complaisance, et en tant que professeur d’université, je mesure chaque jour l’importance de maintenir cet équilibre dans un cadre à la fois courageux et audacieux. Être bienveillant, c’est offrir à mes étudiants un espace relationnel où ils peuvent explorer, remettre en question et apprendre sans crainte de l’échecMais la véritable bienveillance ne se confond pas avec l’indulgence : elle requiert honnêteté, rigueur et engagement, des qualités essentielles pour les aider à se dépasser plutôt qu’à se conformer à leurs limites.

Un cadre courageux soutient avec souci de l’autre, tout en maintenant une exigence qui favorise la persévérance et la réflexion critique. Il invite les étudiants à oser l’inconfort du doute, à prendre la responsabilité de leur apprentissage et à développer une discipline intellectuelle qui les pousse à évoluer.

Un cadre audacieux, quant à lui, stimule la remise en question, encourage l’expérimentation et invite à sortir des cadres établis. Il ne se contente pas d’accompagner la progression des étudiants, il les incite à prendre des risques, à explorer de nouvelles perspectives et à bousculer les idées reçues. Il ouvre un espace où la pensée se libère des conventions et où l’innovation devient possible.

La complaisance, en revanche, crée une illusion de soutien, mais ralentit la progression en évitant l’inconfort nécessaire à l’apprentissage et à la transformation. Aujourd’hui, je choisis une bienveillance engageante, courageuse et audacieuseune bienveillance qui écoute sans excuser, soutient sans abaisser et croit en la capacité de chacun à apprendre, à penser et à s’élever.

Note : La médiocratie et la logique du client-roi affaiblissent un cadre courageux en favorisant l’évitement de l’inconfort et en réduisant les exigences académiques, transformant ainsi l’apprentissage en simple consommation de contenu. De même, elles limitent l’audace pédagogique en privilégiant des approches formatées et prévisibles, freinant ainsi l’innovation et la stimulation de la pensée critique.

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