dimanche 18 janvier 2026

La chaleur des pas humains

 


Depuis ce matin, une question me revient sans cesse :
est-ce qu’on regarde encore vraiment le réel?

On parle beaucoup.
On analyse.
On explique.
Mais on regarde peu ce qui est là, devant nous.

On utilise des mots compliqués.
Des acronymes.
Des phrases toutes faites.
Ça donne l’impression de comprendre,
mais souvent, ça nous éloigne de ce que les personnes vivent vraiment.

Quand on ne regarde plus le réel,
on corrige les gens au lieu de les écouter.
On demande des efforts sans se demander s’ils ont encore du sens.
On exige d’aller bien, même quand quelque chose ne va pas.

Résister, aujourd’hui, ce n’est pas crier plus fort.
C’est rester humain.

C’est oser nommer ce qui est vrai.
C’est accueillir les émotions au lieu de les cacher.
C’est garder un espace intérieur pour penser.
C’est parfois rire pour faire retomber la pression.

Je ne sais pas ce qui sauve le monde.
Mais je sais que rendre de l’humanité, là où je suis,
dans mon travail et dans mes relations,
change déjà quelque chose.

Et parfois, cela suffit pour continuer.

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