Ce matin, je me rends compte d’une chose que j’ai apprise avec le temps, parfois à mes dépens : ce qui n’est pas nommé ne disparaît jamais vraiment.
On peut tenter de l’ignorer, de passer par-dessus, mais ça revient autrement. Souvent par en dessous, dans les tensions ou les malaises.
En même temps, j’apprends aussi autre chose, plus délicat encore : tout ce que je vois n’a pas besoin d’être dit immédiatement.
Il m’est arrivé de parler trop vite, croyant bien faire, et de créer plus de blessures que de clarté.
Avec les années, j’apprends à discerner.
Nommer quand c’est juste.
Me taire quand c’est plus respectueux.
Non pas par peur, mais par souci du lien.
Je réalise aussi que je me suis souvent donné une responsabilité qui n’était pas la mienne :
porter l’avenir.
Vouloir prévoir, assurer, sécuriser ce qui allait venir.
Aujourd’hui, je comprends que ce poids ne m’appartient pas.
Je n’ai pas à porter l’avenir.
Ce que j’ai à faire, c’est prendre soin du présent.
De la relation qui est là, maintenant.
De la parole que je choisis de poser ou de retenir.
De la qualité de présence que j’offre là où je me trouve.
Je découvre que c’est déjà beaucoup.
Et que, bien souvent, c’est suffisant.

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