Il arrive, dans le cœur d’une rencontre, un moment qui échappe aux stratégies, aux méthodes et aux intentions bien organisées. Un moment où l’on cesse d’essayer de guider l’autre vers une compréhension ou un résultat. Un moment où la relation demande simplicité, vérité et présence.
C’est ce qui s’est présenté récemment avec une étudiante qui résistait de toutes ses forces à l’idée du travail final. Elle argumentait, se contractait, se retirait intérieurement. Et dans cette tension discrète, j’ai senti en moi s’ouvrir un passage plus calme, plus vrai.
Je me suis entendu lui dire :
Je ne suis pas ici pour te convaincre. Je suis ici pour t’écouter. Et toi, qu’as-tu à offrir en retour ?
Cette parole n’était pas préparée. Elle n’avait rien d’un principe à appliquer. Elle venait de cette partie de l’accompagnement où l’on ne transmet plus un contenu, mais une manière d’habiter la relation.
En posant ces mots, quelque chose s’est apaisé. La résistance s’est relâchée. La tension s’est transformée en présence. Nous n’étions plus dans un rapport professeur étudiante, mais dans un espace de réciprocité humaine.
Cette question, qu’as-tu à offrir, n’est pas un reproche. C’est une invitation. Elle rappelle que toute relation se construit à deux. Que chacun porte une part du chemin. Que l’apprentissage ne vient pas de ce que l’on reçoit seulement, mais aussi de ce que l’on ose déposer.
Dans ces moments, je me rappelle que l’essence de l’accompagnement réside moins dans ce que je dis que dans ce que j’appelle chez l’autre. Liberté, responsabilité, courage d’être, capacité d’offrir quelque chose de soi.
Accompagner, ce n’est pas convaincre. C’est ouvrir un espace où l’autre peut se reconnaître acteur et participante de la relation. C’est souvent là que naît le véritable mouvement.

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