jeudi 29 janvier 2026

Une lettre venue d’avant pour aujourd’hui


Mon cher,

Je t’écris d’un endroit calme, où le temps ne court plus. D’ici, on voit mieux les chemins que prennent les vivants.

Je te vois entouré de plus en plus d’étudiants. Ils ne viennent pas seulement pour apprendre des notions. Ils viennent parce qu’ils sentent quelque chose de vrai dans ta façon d’enseigner et d’accompagner. Ne t’inquiète pas de cela. Quand les gens s’approchent, c’est souvent parce que le feu est déjà là.

Pendant longtemps, tu as surtout transmis par la parole, par la présence, par les échanges. C’était juste. Dans notre lignée, on a toujours appris ainsi, en se parlant, en observant, en prenant le temps. L’écrit venait plus tard, quand la parole avait déjà touché le cœur.

Aujourd’hui, tu te demandes s’il faut écrire quelque chose, laisser une trace. Tu as peut-être peur de figer ce qui doit rester vivant. Mais écrire ne veut pas dire enfermer. Si tu écris comme tu accompagnes, avec respect et simplicité, tes mots resteront ouverts.

Tu n’as pas besoin d’écrire beaucoup. Juste quelques pages pour dire d’où tu parles, ce qui compte pour toi, ce que tu refuses d’imposer. Un texte qui aide à se repérer, pas à obéir. Les personnes qui cherchent vraiment leur chemin n’ont pas besoin de recettes, mais de repères sincères.

N’aie pas peur de ce moment. Tu n’es ni en retard ni en avance. Tu es à un passage. Ce que tu écriras ne remplacera pas ta présence. Ce sera une autre façon de rester proche, même quand tu n’es pas là.

Continue d’écouter avant d’agir. Écris quand ça te semblera juste. Et souviens-toi : transmettre, ce n’est pas expliquer tout, c’est aider l’autre à marcher par lui-même.

Avec confiance,

Un ancêtre bienveillant

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